30 septembre 2006
Ségolène à Vitrolles. Impressions de meeting
Hier soir à Vitrolles pour entendre Ségolène, après le 24 septembre à Flassans (pour Montebourg) et le 27 mai à Lorgues (déjà pour Ségolène). Décidemment, il doit se passer quelque chose, pour que je hante ainsi les meetings, moi qui ne les avait jusqu’alors jamais beaucoup fréquentés. Virerais-je au groupie ? Je ne me vois guère en pom-pom-girl ! Et je conserve intactes mes facultés critiques. Est-ce pour pouvoir dire « j’y étais ! » ? Encore moins, mais peut-être « j’en étais », tant j’ai finalement envie de « participer » à ce vaste mouvement, à cette lame de fond, qui nous réchauffe le cœur et nous incite à nous remettre en marche. Ségolène y fut, comme toujours, lumineuse, habitée, modeste et courageuse, sincère et convaincante, en dépit de quelques maladresses d’expression, au demeurant sans importance.
S’agissant de l’organisation, j’ai apprécié que la meute des journalistes soit, cette fois, parfaitement bien maîtrisée. Et j’ai trouvé plaisant et pertinent le petit film présenté en introduction sur de grands écrans de bonne qualité. Mais la salle était trop petite, ce qui était prévisible (pourquoi ne pas avoir choisi le stade voisin), le nombre de chaise insuffisant et le service d’ordre trop exclusivement soucieux de conserver une bonne moitié des sièges aux « personnalités » arrivées à la dernière minute : une pléthore de maires conseillers généraux et conseillers régionaux, dont je sais qu’ils représentent le gros des bataillons des anciens militants du parti, mais dont je pense qu’ils auraient pu se mêler avec quelque utilité à la vaste piétaille, qui les entourait et qui comptait nombre de nouveaux adhérents. Le premier rang aurait largement suffit à recevoir les principales personnalités présentes.
28 septembre 2006
Réponse aux Ségolènophobes. La vraie démocratie.
Tout ça pour ça… Pendant un mois, il a couru tous les plateaux, pour finalement encore, une fois de plus, refuser l’obstacle. Mais ne tirons pas sur l’ambulance. Nous aurons bien l’occasion d’y revenir, car aussi bien il ne sera pas capable de tenir sa langue. Et, le moment venu, je me réserve le droit d’exercer, moi aussi, mon droit d’inventaire.
Aujourd’hui, je vais plutôt m’adresser à ses partisans, ainsi qu’à ceux de Laurent Fabius, puisque aussi bien ils semblent partager une même conception du rôle du parti dans la vie démocratique. Alors, mes chers camarades, oubliez pour un temps vos petites phrases assassines, dont se repaissent les médias pour le plus grand profit de nos adversaires.
Elles font peut-être les délices de vos dîners parisiens, mais désespèrent les militants et exaspèrent les électeurs, qui n’en peuvent plus de la droite et sentent que la victoire est à portée de main. Et venons-en au débat de fond, que vous prétendez appeler de vos vœux.
Ce débat quel est-il ? Ce n’est pas une question de courant et d’orientation politique puisque tous les candidats ont signé la synthèse. Et ce n’est pas non plus une question de programme puisque tous défendent le même, celui qu’ils ont élaboré ensemble. C’est donc une question de personne : quel est celui ou celle qui est le plus à même de porter ce programme ? Ce qui revient à dire : quel est celui ou celle qui inspire le plus confiance à nos électeurs (et peut-être un peu plus, si nous voulons franchir la barre des 50%) ? Car, l’objectif est bien de gagner, n’est-ce pas ? Sinon, nous pouvons continuer à camper sur des positions de principe comme nos amis de l’extrème-gauche (ce qui les dispense de nous expliquer comment ils vont renverser le capitalisme).
Or il se trouve que la majorité des militants et des électeurs font plutôt confiance à Ségolène Royal. Et les instituts de sondage, dont vous aimeriez dire qu’ils manipulent l’opinion, ne font que refléter une réalité que vous refusez de regarder en face. Que cela vous plaise ou non, la candidature de Ségolène Royal suscite une espérance qui se traduit par un mouvement populaire sans précédent depuis 1981. Cela vaut tout de même la peine de s’y arrêter et de se demander pourquoi, en essayant de dépasser les explications faciles, qui n’honorent pas vraiment ceux qui les avancent et qui témoignent de leur mépris pour ce qu’ils nomment avec dédain l’opinion.
Alors que c’est, en vérité, tout simple. Ségolène Royal écoute les français, s’efforce de comprendre leurs préoccupations, tente par le dialogue de trouver les solutions les plus adaptées et, d’une manière générale, s’adresse à eux dans un langage simple que tout le monde comprend. Elle appelle cela la démocratie participative. Mais pour vous, il s’agit de populisme. Et bien débattons-en ! Pour moi, elle ne fait que renouer avec la démocratie, la seule, la vraie, celle qui émane du peuple et qui n’est en rien incompatible avec la démocratie représentative dont vous prétendez être les champions, quand, en réalité, vous défendez l’oligarchie d’une petite classe médiatico-politique (où soit dit en passant vous vous êtes laissés largement supplantés par la droite qui vous tolère encore parce que vous lui servez d’alibi).
En fait, vous considérez que la politique est une affaire de professionnels, qui s’organisent en coteries et dont les chefs feignent de débattre entre eux, quand ce qui compte vraiment est le rapport de force entre les effectifs respectifs qu’ils peuvent mettre en avant. Si bien que les idées sont rares et la pensée unique. Ensuite il appartient au leader qui se sera dégagé d’obtenir de ses électeurs, supposés acquis d’avance, qu’ils votent automatiquement pour lui. Mais ce n’est pas si simple, comme on a pu le voir en 2002. D’abord, les électeurs ne sont pas les abrutis que vous imaginez. Ils ont plutôt envie qu’on les consulte, qu’on prenne leur avis, de manière à délivrer à leurs futurs représentants un mandat électif précis, sur lequel ils auront des comptes à rendre. Voilà ce qu’est la vrai démocratie, participative et représentative, et non je ne sais quelle démocratie d’opinion, comme vous la désignez avec mépris. Voilà ce que retrouve des millions de français dans la démarche engagée par Ségolène Royal.
27 septembre 2006
Propositions connues de Ségolène Royal
Entre autres tâches, je m’efforcerai de rectifier ici les contrevérités assénées chaque jour dans la presse et sur les ondes des radios et télévisions, quelque en soit l’origine : « camarades » socialistes, adversaires sarkozystes ou « journaliste » peu scrupuleux.
C’est ainsi qu’à longueur de colonnes et d’émissions, la quasi-totalité des médias essaie de nous faire croire que Ségolène Royal ne dit rien, qu’elle ne propose rien.
Je tombe sur cette dépêche AP qui me paraît énumérer honnêtement les premières propositions qu’elle a rendues publiques :
Les clés de l"'ordre juste" de Ségolène Royal
AP | 27.09.06 | 14:59
PARIS (AP) -- Ségolène Royal a esquissé par petites touches ces derniers mois ses principales idées pour instaurer un "ordre juste" où "tout se tient: emploi, sécurités, famille, école". Inventaire:
ECONOMIE ET EMPLOI: "reconstruire la valeur travail"
- Elle préconise une "nouvelle donne" économique qui allie "agilité" (elle préfère le mot à "souplesse") pour les entreprises et "sécurité" pour les salariés, sur le modèle scandinave. Les salariés seraient couverts par une "Sécurité sociale professionnelle", prévue par le projet du PS, qui les protégerait en cas de perte d'emploi.
- Chômage: réforme "profonde" de l'ANPE pour adapter les "qualifications" des salariés aux "besoins des entreprises". "Personne ne devrait être payé à ne rien faire", juge-t-elle par ailleurs.
- 35 heures: elle n'exclut pas des assouplissements pour ceux "qui veulent travailler plus" ou "moduler" leur temps de travail "selon les étapes de la vie". Elle dresse un bilan "mitigé" des lois Aubry.
- Allégement de charges pour les entreprises qui embauchent des salariés non qualifiés, des jeunes sans expérience professionnelle, des chômeurs de longue durée ou des salariés âgés.
- Fiscalité: "réforme en profondeur" des stock-options.
SECURITE: "une sécurité durable"
- Les parents seraient contraints à faire des "stages" dans des "écoles de parents" au "premier acte d'incivilité" de leur enfant en primaire.
- Les "perturbateurs" des collèges seraient placés "d'office dans des internats-relais".
- "Deuxième poste d'enseignant" dans les classes difficiles.
- Placement "d'office dans un service à encadrement militaire à vocation humanitaire ou pour apprendre un métier" pour les jeunes de plus de 16 ans, dès le premier acte de délinquance.
- Mise sous tutelle des allocations familiales des parents défaillants, comme le prévoit déjà une loi de 1966.
- Soutien scolaire individuel gratuit pour les enfants en difficulté.
- "Tutorat" des étudiants de deuxième cycle sur ceux du premier cycle pour les aider.
IMMIGRATION: "partagée" et non "choisie"
- Contre une régularisation massive, elle préfère un règlement "au cas par cas" et déplore la suppression du système de régularisation au bout de dix ans. Elle veut mettre en regard les autorisations de séjour et les besoins des entreprises, mission qui incomberait aux préfets.
- Elle propose un "visa saisonnier régulier" pour les travailleurs saisonniers, sur le modèle du système créé par la loi Sarkozy II.
- Expulser "systématiquement" à leur sortie de prison les "délinquants dangereux" arrivés "depuis peu" en France.
- Accroître l'aide au développement des pays pauvres, en leur apprenant notamment à utiliser l'énergie solaire.
SOCIETE:
- Homosexualité: initialement réservée sur le mariage et l'adoption par les couples homosexuels, elle a promis des "avancées". Mais "sur ces questions de société, il faut rassembler une majorité de Français" et ne pas "déchaîner les passions", a-t-elle nuancé.
- Education: "assouplissement" de la carte scolaire pour laisser aux parents le choix entre deux ou trois établissements.
- Syndicats: faire "émerger un syndicalisme de masse". Elle a émis l'idée de rendre l'adhésion à un syndicat obligatoire.
- Retraites: réforme du régime de retraite des élus.
- Internet: création d'un "système de licence globale forfaitaire" pour financer en partie la création.
- Drogues: pas de dépénalisation.
- Faire de la France le pays de "l'excellence environnementale".
INSTITUTIONS: une "République du respect"
- Instaurer le vote obligatoire, le non-cumul des mandats, la reconnaissance du vote blanc, une décentralisation "radicale".
- Démocratie "participative" pour que les citoyens prennent part aux décisions qui les concernent.
- Faire respecter la parité.
DIPLOMATIE:
- Etats-Unis: elle refuse de s"'agenouiller" devant George W. Bush, dont elle juge la théorie de l'Axe du mal "simpliste". Elle considère que "les guerres préventives aggravent les problèmes".
- UE: elle veut faire l"'Europe par la preuve" en lançant des "programmes européens" sur "l'après-pétrole" ou "la recherche". AP
Source http://permanent.nouvelobs.com
26 septembre 2006
Qui suis-je ? Pourquoi ce blog ? Soutenir à gauche Ségolène Royal
Qui suis-je ? Quel est mon itinéraire politique ? Pourquoi est-ce que je soutiens Ségolène Royal ?
J’ai retrouvé récemment une lettre à Ségolène Royal, rédigée au printemps et jamais envoyée, sans doute parce que je l’avais oubliée (j’en ai finalement envoyé une autre, plus laconique), Or, cette première rédaction me paraît bien résumer l’état d’esprit, les préoccupations et les attentes qui étaient les miens, au moment où j’ai décidé, comme des dizaines de milliers de français d’adhérer au parti socialiste. C’est pourquoi, je la retranscris ci-dessous.
Enfin, pourquoi ce blog ?
Pour débattre bien sûr, avec tous ceux qui me feront l’honneur de m’apporter la contradiction. Mais débattre sur le fond et dans la dignité.
Et puis pour dénoncer, sans relâche, toutes les bassesses, les calomnies et les contrevérités dont l’ensemble de la classe politico-médiatique matraque l’opinion, servant ainsi (consciemment ou inconsciemment) les intérêts de la droite et la candidature de son champion.
LETTRE DE SOUTIEN A SEGOLENE ROYAL
Madame,
Je soutiens chaleureusement votre candidature à la Présidence de la République et je viens d’adhérer au PS dans le seul but de favoriser votre désignation.
Bien sûr d’abord parce que vous me paraissez la seule capable de battre l’inquiétant Nicolas Sarkozy. Sans doute aussi, parce qu’il est grand temps qu’une femme accède en France à la plus haute fonction. Mais finalement surtout parce que, contrairement à ce que susurre une presse scandaleusement partisane, vous avez largement fait la preuve de vos capacités et de votre talent dans les différentes responsabilités ministérielles que vous avez exercées.
En outre, j’ai été, comme beaucoup, particulièrement impressionné par votre performance aux élections régionales, car vous avez la seule, parmi les principaux leaders du PS, à vous battre, qui plus est sur le terrain du premier Ministre. Depuis lors, vous m’êtes apparue comme la seule candidate possible, capable de battre la droite. J’ajouterai, à cet égard, puisqu’en termes d’efficacité on ne peut raisonnablement éluder cet aspect, que vous avez su montrer au cours de maints débats télévisés toutes les qualités requises pour affronter avec sang-froid, punch et brio vos adversaires les plus redoutables.
Toutefois, dans l’esprit de cette démocratie participative que vous prônez avec raison, je souhaiterais apporter ma modeste contribution à ce grand débat d’idée que vous avez amorcé sur votre site.
Depuis 1965 (mise en ballottage de De Gaulle par Mitterrand !), j’ai toujours voté à gauche (généralement PS) et n’ai manqué qu’un seul scrutin (de cantonales). Pourtant, je n’ai pas voté pour Lionel Jospin en 2002 et j’ai voté pour le non au référendum. Je voudrais m’en expliquer parce que je ne suis pas sûr que le PS ait tiré toutes les leçons de ce qu’il considère à tort comme des « revers ».
Il est faux de prétendre que Lionel Jospin a été éliminé au premier tour, en raison de la multiplicité des candidatures de gauche. Il a été battu, parce que pendant ses 5 ans de gouvernement il n’a pas su satisfaire les aspirations de ceux qui l’avaient élu.
Déjà, comme Léon Blum, le premier gouvernement Maurois de François Mitterrand s’était heurté au « mur de l’argent » ; et depuis la chute du mur de Berlin, il est devenu inconvenant d’évoquer le seul mot de « capitalisme ». Si bien que nous en sommes réduits à combattre ce que ses partisans nomment le « libéralisme », qui sonne si joliment comme « liberté » (bien sûr celle du loup dans la bergerie). Sans doute, le mur de l’argent est-il pour un gouvernement de gauche une réalité tangible qui réduit considérablement sa marge de manœuvre. Mais je ne peux oublier que nos pères et nos grands-pères ont bien su, dans des conditions autrement difficiles, faire reculer ce monstre froid, qui n’a pas, que je sache, cessé pour autant de faire des profits.
Aujourd’hui, que se passe-t-il avec la mondialisation ? Délivré de la menace communiste, en quelque sorte légitimé par le ralliement massif des élites, habillé de ses nouveaux atours, le marché peut désormais sans vergogne s’attaquer successivement à toutes les conquêtes sociales en exerçant un chantage permanent à la délocalisation. Ainsi se trouvent mis en situation de concurrence déloyale le coût d’un salarié européen, qui bénéficie évidemment d’un pouvoir d’achat et d’une protection sociale bien supérieures, avec celui d’un salarié asiatique.
Bien sûr, à terme (dans 10 ans, dans 20 ans ?) les salariés les plus défavorisés des pays émergents auront conquis les mêmes avantages que leurs homologues européens. Qu’importe pour les actionnaires si dans l’intervalle la majorité des emplois productifs aura déserté la vieille Europe, du moment qu’ils auront accumulé dans le même temps les plus importants profits immédiats. La France, comme d’autre pays, sera devenu une sorte de parc d’attraction (au mieux, culturel) pour touristes en goguette.
Voilà ce qu’il faut éviter, en agissant sur les règles du commerce international, pour que la libre concurrence (après tout ni bonne ni mauvaise en soi) tende rapidement vers une concurrence loyale, à protection sociale équivalente. Il restera suffisamment de paramètres pour faire la différence (productivité, fiscalité), ceux qui relèvent de la plus ou moins bonne gestion des affaires publiques…
Le 6 mai 2006