Carnets de campagne d'un citoyen ordinaire

Blog de soutien à la candidature de Ségolène Royal

06 février 2007

Les grands enjeux de la campagne présidentielle

Compte rendu d’un débat participatif organisé sur ce thème le vendredi 2 février

Introduction

Il s’agit de dégager quels sont, pour les participants, les principaux sujets de préoccupation, qui devraient être abordés en priorité au cours de la campagne présidentielle.

1.- Le logement

Bien qu’il soit très lié à la question du pouvoir d’achat, le coût du logement apparaît comme un problème spécifique qui doit être traité en tout premier lieu.

La cherté des loyers mais aussi la rareté des offres sont mises en avant, si bien qu’apparaissent comme indispensables non seulement l’encadrement des loyers mais aussi un programme plus ambitieux de construction de logements. Certains demandent le lancement immédiat d’un programme d’un million de logement, correspondant aux besoins. Mais d’autres redoutent qu’un tel programme reconduisent les erreurs passées (absence d’urbanisme, ghettoïsation, extension du tissus urbain) et s’inquiètent de l’absence de terrains.

2.- Le pouvoir d’achat

Les participants considèrent que les 35h ont entraîné, sans la contrepartie attendue (la création d’emplois), une dégradation des conditions de travail (flexibilité) et une stagnation des salaires, entraînant du fait de la hausse des prix (passage à l’euro) une diminution du pouvoir d’achat. Certains demandent que le SMIC soit  le plus rapidement possible porté à 1500 euros par mois, si possible dans les deux ans. Mais d’autres s’inquiètent des conséquences que pourrait avoir cette augmentation sur la hausse des prix, le tassement de l’échelle des salaires et sur l’emploi dans les très petites entreprises. D’autres encore considèrent que le SMIC doit avant tout être calculé par rapport au coût des produits de première nécessité (nouvel indice à mettre au point) et préconise un « bouclier vital ». Tous s’accordent à demander une vaste négociation sur ces sujets avec les partenaires sociaux et le secteur associatif (nouveau « Grenelle »), et souhaitent, à cet égard, un renforcement de la syndicalisation des salariés.

3.- Prélèvements obligatoires, sécurité sociale et retraites

Parce que la droite s’est ingéniée, depuis cinq ans, à dresser les français les uns contre les autres, les participants souhaitent une vaste remise à plat des prélèvements obligatoires, des régimes de sécurité sociale et des régimes de retraite : qui paye réellement quoi et pour quels avantages (impôts, cotisations, déductions, exemptions, aides diverses, avantages particuliers liés à des circonstances diverses) et ce pour tous les métiers publics et privés, salariés ou non salariés, sans exception aucune, et ce afin d’entreprendre une vaste réforme fiscale, en même temps qu’une réforme des protections sociales (santé et retraite). Ces réformes devraient faire l’objet de la même grande négociation avec les partenaires sociaux.

4.- L’Europe

Les participants ne sont pas contre l’Europe mais lui reprochent de nous avoir imposé le démantèlement systématique de nos services publics, qui sont certes une exception française qu’on ne saurait imposer aux autres, mais auxquels nous tenons.

Pour que la libre concurrence s’exerce avec plus de loyauté et d’équité il faut tendre à harmoniser le coût du travail dans l’ensemble des pays de l’Union, sans toutefois rechercher une uniformisation impossible et sans doute peu souhaitable, mais en respectant la spécificité de chaque pays. Sans que les Etats Unis constituent un modèle, on peut toutefois noter qu’il existe des différences considérables entre les différents états sans qu’elles nuisent à l’unité de l’ensemble. D’une manière générale, il convient de tirer tout le monde vers le haut plutôt que vers le bas.

Certains souhaitent une Confédération fondée sur les régions. D’autres restent très attachés à la spécificité nationale.

La plupart s’accordent à souhaiter, par ailleurs, une progression significative de l’Union dans les domaines de la Défense et de la politique étrangère.

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04 février 2007

Vie chère, pouvoir d'achat

Compte rendu d'un débat participatif organisé le 26 janvier 2007

Introduction

L’animateur introduit le thème du débat, en expliquant qu’il s’agit de considérer le budget des ménages du double point de vue des dépenses (la vie chère) et des revenus (le pouvoir d’achat). Il demande aux participants de s’attacher à distinguer, pour chacun des sujets abordés, les constats, les causes et les remèdes possibles et rappelle les positions prises par Ségolène Royal sur le sujet :

- hausse des prix provoquée par le passage à l’euro,

- hausse du coût de l’énergie

- nécessité de remettre de la vérité dans le calcul de la hausse des prix,

- endettement croissant des familles à revenus moyens,

- nécessité de taxer moins le travail que le capital,

- organisation d’une conférence salariale, pour augmenter le SMIC et conforter les salariés dans leur travail.

1.- Dépenses (la vie chère)

1.1.- Le logement

1.1.1.- Accès des jeunes aux locations

Constat

Les loyers sont généralement trop élevés par rapport aux revenus. Idem pour les charges.

Même quand les revenus sont suffisants, il est demandé des cautions, impossibles à trouver ou qui sont rejetées comme insuffisantes.

La situation est encore plus dramatique dans les grandes villes et sur le littoral méditerranéen (en voie de californisation).

Pour ces raisons, beaucoup de jeunes ayant un emploi sont contraints de se loger dans une caravane ou un mobil home.

Causes

Flambée des prix de l’immobilier, particulièrement du foncier. Pénurie d’offre face à la demande.

Frais de gestion abusifs des syndics.

Comportement spéculatif et frileux des investisseurs institutionnels et particuliers, qui refusent de louer nombre de logements.

Remèdes possibles

Encadrement des loyers (type loi Quillot). Encadrement des charges.

Caution de l’Etat.

Réquisition des logements vacants.

Aide à la rénovation de logements acquis par succession et destinés à la location.

1.1.2.- Les logements sociaux

Constat

Ils sont en nombre insuffisant. Les listes d’attente s’allongent. Le délai est de 3 à 5 ans à Six Fours.

Les sociétés gestionnaires privatisées opèrent certaines discriminations, et favorisent les candidatures supposées « sans problème ».

Les critères d’attribution (revenus, composition de la famille) ne sont jamais actualisés, ce qui fait perdurer certaines rentes de situation.

Causes

Création de nouveaux logements (neufs ou rénovés) en nombre insuffisant.

Non respect par de nombreux Maires (des communes les plus riches) de la loi SRU, pour des motifs électoralistes.

Mauvaise gestion des sociétés. Contrôle de gestion insuffisant par la puissance publique.

Remèdes possibles

Nécessité d’un nouveau plan Marshall pour le logement. Lancement de la construction immédiate d’un million de logements sur des terrains cédés par l’Etat et les entreprises publiques (armée, SNCF, etc.), avec pour principal objectif, en matière d’urbanisme, de favoriser la mixité sociale.

Multiplication des programmes mixtes (part de logements sociaux dans les programmes privés).

Mise sous tutelle préfectorale des municipalités qui ne respectent pas la loi SRU. Sanction des Maires concernés (non éligibilité). Suppression de subventions.

Reprise en main de la gestion du parc.

1.1.3.- Accession à la propriété

Constat

Le même que pour la location. Sur le marché libre, les prix sont trop élevés, les cautions souvent difficiles à trouver et la durée des prêts s’allonge dangereusement.

S’agissant du logement social, il est trop souvent proposé d’acquérir des appartements dans des immeubles très dégradés et dont la remise en état grèvera lourdement le budget de l’acquéreur.

Causes

Les mêmes. Flambée des prix de l’immobilier.

Mauvais état du parc de logements sociaux.

Remèdes possibles

L’encadrement des loyers devrait tasser voir résorber sensiblement le coût de l’immobilier.

Rendre tout locataire d’un logement social pendant 15 ans propriétaire de son logement (responsabilisation, meilleur entretien).

S’agissant des logements sociaux en accession à la propriété, ne proposer que des appartements en bon état ou rénovés.

1.1.4.- Plus généralement

Ramener la proportion du coût du logement à 25% du budget des ménages (Projet socialiste).

Le droit au logement opposable est une illusion sans effet immédiat (procédure administrative complexe rebutante et nécessairement longue).

La situation courante vers laquelle il faut tendre : que tout logement soit la propriété de celui qui l’habite.

1.2.- Autres dépenses que le logement

1.2.1.- Alimentation

Constat

L’indice des prix ne rend plus compte de la réalité pour les ménages les plus modestes : la hausse des prix concerne principalement les produits de première nécessité, comme les produits alimentaires. Les prix à la distribution sont passés de 100 à 140 quand, à la production, ils passaient de 100 à 70.

Les ménages les plus modestes s’alimentent mal, privilégiant les aliments bon marché de médiocre qualité nutritive, ainsi que les confiseries compensatoires (leur seul luxe).

Causes

Le passage à l’euro a favorisé cette hausse en jouant de la confusion entre les monnaies pour les petites sommes. Qui accepterait de payer 5 F une baguette et 8 F un café ?

Les grandes surfaces n’ont pas joué, en l’espèce, un rôle modérateur. Elles ont profité, au contraire, pour augmenter leurs marges directes, tout en poursuivant leur pratique de marges arrières. Les prix à la distribution sont

Les publicités agressives encouragent la surconsommation de produits attrayants mais peu diététiques (favorisant l’obésité).

L’Etat s’est désengagé des associations de soutien aux familles.

Remèdes possibles

Calculer un nouvel indice des prix fondé sur les produits de première nécessité.

Réduire la TVA sur les produits de première nécessité.

Mieux encadrer la publicité destinée aux enfants (la loi existe mais n’est pas appliquée).

Améliorer l’éducation des familles et des enfants dans le domaine de l’alimentation.

Soutenir l’action associative.

1.2.2.- L’eau

Constat

Le prix de l’eau a considérablement augmenté.

Le niveau des nappes phréatiques baisse.

L’eau du robinet n’est plus consommable dans des régions entières (Bretagne).

Causes

Dans la plupart des cas, la distribution de l’eau est concédée à d’énormes groupes financiers dont le profit est le principal objectif.

Le réchauffement de la planète et l’agriculture intensive sont la cause de la raréfaction de l’eau.

L’agriculture et l’élevage intensifs entraînent la pollution des nappes phréatiques (nitrates).

Remèdes possibles

Mieux contrôler la gestion de l’eau dans un esprit de service public.

Réformer en profondeur la politique agricole et réglementer fermement les cultures inadaptées à nos climats et fortes consommatrices d’eau.

Développer l’agriculture biologique.

1.2.3.- L’énergie

Constat

Le coût du chauffage des habitations (fuel, gaz, électricité, même le bois) et celui du carburant des véhicules particuliers (dont ne peuvent se passer les plus modestes) ne cessent d’augmenter, occupant une part de plus en plus importante du budget des ménages.

La privatisation éventuelle d’EDF et de GDF laisse planer la menace d’augmentations encore plus fortes.

Causes

Le prix du baril de pétrole a triplé depuis 2002. Le prix du gaz est indexé sur celui du pétrole.

Au demeurant la raréfaction des énergies fossiles va entraîner une augmentation inévitable de leur coût.

Le gouvernement de la droite a supprimé la TIPP flottante, pour compenser une hausse passagère du prix du pétrole.

Les orientations libérales de l’Union européenne imposent à la France le démantèlement de ses services publics.

Remèdes possibles

Développer l’isolation des habitations : nouvelles normes, vaste programme aidé de rénovation des habitations anciennes, recherche, recours aux nouvelles technologies.

Stopper la généralisation du tout électrique.

Développer l’utilisation dans l’habitat des énergies renouvelable : pompes à chaleur, énergie solaire, éoliennes couchées sur les immeubles (HLM de Rennes).

1.2.4. Les transports

Constat

Le véhicule individuel demeure le moyen de transport indispensable des français les plus modestes et grève lourdement leur budget.

Causes

L’urbanisation anarchique éloigne les salariés de leur lieu de travail.

Le développement des transports en commun nécessite de très lourds investissements et d’importants délais de mise en œuvre. En outre il suppose la maîtrise de l’urbanisation.

A de rares exceptions près, les constructeurs automobiles tirent plutôt leur offre vers le haut de gamme et développent des véhicules plus gros, plus puissants et d’un coût plus élevé.

Remèdes possibles

Maîtriser l’urbanisme. Développer en les diversifiant les transports en commun de manière volontariste (train, tramway mais aussi taxi collectifs, véhicules électriques urbains et vélos à disposition).

Inciter les constructeurs à produire des véhicules rustiques bon marché, de préférence électriques et hybrides (les prototypes sont au point et peuvent être produits en série).

Promouvoir avec vigueur et favoriser par des incitations fiscales significative (TVA réduite) l’acquisition de véhicules économes en énergie (et par ailleurs non polluant) : véhicules électriques ou hybrides, scooters électriques, vélos électriques.

Favoriser les comportements citoyens, afin de ringardiser plutôt que toujours « punir » les excès (en taxant les 4X4 par exemple).

Modifier par l’éducation et de grandes campagnes d’information le comportement des jeunes dans le domaine du transport.

1.3.- Le surendettement

Constat

Il touche évidemment les milieux les plus modestes mais s’étend aux classes moyennes.

Causes

Le chômage, la précarité, la stagnation des salaires, la baisse du pouvoir d’achat.

Le laxisme intéressé des établissements bancaires.

L’incitation effrénée à consommer des biens inutiles, par la création de faux besoins notamment chez les enfants et les adolescents.

Remèdes possibles

Amélioration du pouvoir d’achat, augmentation du SMIC, mise en œuvre d’un véritable BOUCLIER VITAL (voir plus bas).

Sanctionner les banques qui n’appliquent pas les seuils d’endettement.

Mise en place de prêts publics et de micro crédits (comme en Poitou-Charentes).

Contrôle des publicités à l’intention des jeunes (marques de vêtements, jeux vidéo, etc.).

Modifier par l’éducation le comportement des jeunes dans le domaine de la consommation.

2.- Revenus (le pouvoir d’achat)

2.1.- Dégradation du pouvoir d’achat

Constat

90% des salaires sont en dessous de 2000 euros net. Le salaire médian s’établissait à 1290 euros en 2003 et le seuil de pauvreté  à 774 euros (60% du salaire médian).

80% des emplois les plus modestes sont occupés par des femmes.

D’une manière générale, un nombre croissant de français ne disposent pas des revenus qui leur permettent de faire face à leurs dépenses élémentaires.

Causes

Augmentation des dépenses et stagnation ou baisse des revenus (modération salariale liée aux 35 heures).

Le deal des 35h (création d’emploi contre flexibilité et modération salariale) a échoué : le patronat n’a pas créé d’emplois mais a su profiter de la flexibilité (dégradation des conditions de travail) et de la modération salariale (stagnation puis baisse du pouvoir d’achat) : on a demandé aux salariés de faire en 35h le travail qu’ils faisaient auparavant en 39h (ce qui fait qu’aujourd’hui la productivité du salarié français est la meilleure du monde !)

L’importance du chômage tire les salaires vers le bas.

La mondialisation tire les salaires vers le bas (pour permettre aux entreprises de rester concurrentielles).

Développement de la précarisation et du temps partiel non voulu.

Fragilité des micro entreprises (artisans et commerçants).

Remèdes possibles

Lutter contre le chômage par le développement économique (recherche, programmes de développement) pour tirer les salaires vers le haut. A court terme le chômage devrait se résorber naturellement par le départ à la retraite de la génération du baby-boom.

Développer le syndicalisme de masse pour améliorer le rapport de force.

Augmentation rapide du SMIC à la hauteur du BOUCLIER VITAL (voir ci-dessous).

Allègement concomitant des charges des entreprises, particulièrement les micro entreprises, pour favoriser l’emploi (une embauche par PME résorberait le chômage).

Action international (Europe puis OMC) en faveur d’une libre concurrence loyale (à protection sociale équivalente).

Mise à plat générale de la fiscalité, du régime des retraites et de la sécurité sociale.

Vaste réforme fiscale :

- réforme de la fiscalité des entreprises, pour un allégement des charges en faveur de l’emploi,

- réformes de la TVA, pour un allègement des taxes sur les produits de première nécessité (logement, alimentation, eau, énergies renouvelables) et les produits « écologiques » : biologiques, non polluants, utilisateurs d’énergies renouvelables (habitat, véhicules),

- réforme de la fiscalité des revenus, pour une meilleure équité entre les revenus du travail et les revenus du capital,

- réforme de la fiscalité des revenus du travail pour une meilleure équité entre salariés et non salariés (déduction des frais dits professionnels).

Réforme du régime des retraites (y compris les retraites complémentaires) avec remise à plat de toutes les inégalités mais en conservant les critères de pénibilité justifiés (effort physique, travail posté, repos décalé, éloignement du domicile familial).

Réforme de la sécurité sociale (y compris les mutuelles complémentaires) avec remise à plat de toutes les inégalités (santé à 2 voire 3 ou 4 vitesses).

2.2.- Le bouclier vital

Le seuil de pauvreté est calculé en France, comme en Europe, par rapport au salaire médian. Or cela n’a aucun sens de définir ce seuil par rapport aux ressources (les revenus), alors qu’il devrait mesurer tout au contraire la seule satisfaction des besoins élémentaires (les dépenses).

Ces besoins sont (on l’a vu) : le logement d’abord, puis l’alimentation, l’eau et l’énergie, pour se chauffer. Puis vient le transport pour se rendre sur son lieu de travail et faire ses courses, dans la majorité des cas au moyen d’un véhicule individuel, parce qu’il n’y a pas d’autre solution.

A quoi il faut ajouter (même s’il s’agit de services publics financés par la collectivité, parce que tout le monde paie la TVA) : l’enseignement, la santé et la sécurité publique, mais aussi la réalisation et l’entretien des infrastructures pour s’en tenir à l’essentiel.

Il convient de citer enfin le droit à la retraite après une vie de travail, qui n’est pas un besoin à satisfaire dans l’instant, mais une sorte de besoin à venir, qu’il faut pourtant financer dans l’instant quel que soit le dispositif utilisé (cotisation ou épargne).

Et c’est bien la satisfaction de l’ensemble de ces besoins élémentaires, vitaux, et quelque soit leur mode de financement (par les revenus de l’intéressé ou par la collectivité), qui devrait constituer le véritable seuil de pauvreté. En dessous, tous ces besoins ne peuvent être satisfaits. Au dessus, ils peuvent l’être avec bien d’autres, mais qui ne sont pas indispensables.

Après quoi, quelque soit le modèle de financement de ces besoins :

- petits salaires et beaucoup d’aides (quasi gratuité de certains services en raison d’une large exemption fiscale et autres prestations à coût réduit, voire complément de salaire versé par la collectivité), ce qui est un peu notre modèle,

- salaires plus élevés sans aide (paiement à prix coûtant de l’ensemble des services, ce qui correspond d’avantage au modèle anglo-saxon,

il n’en demeure pas moins indispensable de financer d’une manière ou d’une autre la totalité de ces besoins vitaux qu’on pourrait appeler « LE BOUCLIER VITAL ».

C’est ce vers quoi nous devons tendre en France. C’est le bel objectif qu’il nous faut proposer aux autres peuples. Ceux d’Europe d’abord, pour commencer. Et puis à tous les peuples du monde, dans ce qui pourrait constituer une nouvelle Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen.

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03 février 2007

Environnement et Co-développement

Compte rendu d’un débat participatif organisé le 4 décembre 2006

Introduction

Le diagnostic est désormais connu est largement partagé. Nous sommes en présence d’une crise environnementale sans précédent :

- les gaz à effet de serre provoquent déjà des catastrophes ;

- les ressources énergétiques s’épuisent très rapidement ;

- la ressource en eau est également un problème majeur ;

- la biodiversité régresse considérablement ;

- les premières victimes sont toujours les plus faibles.

L’avenir de la planète dépend de la manière dont nos sociétés vont se conduire. Nous devons impérativement évoluer vers d’autres façons de produire, de travailler, de consommer, de se nourrir, de se loger, de se déplacer, de se chauffer.

Nos capacités techniques nous fournissent déjà les outils nécessaires : nous savons économiser l’énergie, produire proprement, recycler. Le moment est venu de les utiliser à grande échelle. A cet effet, la stimulation de la recherche et de la créativité industrielle permettre de dégager de nouveaux gisements d’emploi.

1.- Réduction de gaz à effet de serre et de la consommation d’énergies fossiles

(habitat, urbanisme, transports)

1.1.- Utilisation d’énergies renouvelables : énergies hydraulique, solaire, éolienne, géothermique et biocarburants

La diminution des énergies fossiles (pétrole et gaz naturel) oblige à développer des énergies de substitution renouvelables, qui contribuent en outre à l’indépendance énergétique du pays.

Or nous sommes en retard sur de nombreux pays. Ainsi l’Espagne et la Grèce imposent-elles déjà l’équipement en panneaux solaires des constructions nouvelles (production d’eau chaude). En France, le retour sur investissement d’un tel équipement pour une habitation collective est passé de 12 ans en 2004 à 7 ans aujourd’hui. A cet égard, la région PACA riche de son ensoleillement est pourtant très en retard sur la Lorraine, par exemple. De même, la puissance du Mistral devrait nous inciter à multiplier les éoliennes dans les vastes zones non habitées de notre région, voire au large de nos côtes (sauf si, dans ce dernier cas, il s’averre qu’elles ont un impact négatif sur la faune marines). Il semble que, pour le moment ce type d’équipement se heurte à des réticences humaines (nuisances sonores) et associatives (protection de la faune) et surtout à de puissants intérêts industriels et financiers, qui résultent de la privatisation du secteur énergétique. Dans un autre domaine, l’utilisation de biocarburants (quasiment interdits jusqu’à une date récente) devrait sans doute être encouragée en prenant garde de préserver la biodiversité et en privilégiant les cultures adaptées à nos climat faible consommatrices d’eau (colza) plutôt que les cultures intensives principalement céréalières (notamment le maïs), par ailleurs déjà abusivement subventionnées par la politique agricole commune. A cet égard, il convient de souligner que le biester dérivé du colza et du tournesol (depuis longtemps produit et utilisé par les petits producteurs pour le seul usage agricole, notamment dans le sud-ouest) est immédiatement utilisable par tout moteur diesel, alors que l’éthanol 85 issu des cultures céréalières nécessite une adaptation coûteuse des moteurs à essence.

Certains souhaiteraient être mieux informés sur le programme ITER de développement de la fusion nucléaire dont le site doit être implanté dans notre région à Cadarache.

1.2.- Réduction de la consommation : isolation de l’habitat, réduction des déplacements individuels (urbanisme et transports) industriels et commerciaux (sortir du tout routier)

Pour la Communauté d’Agglomération de Toulon-TPM, Hubert Falco a clairement affiché sa priorité : la construction d’un deuxième tunnel autoroutier, au détriment du tramway, qui ne devrait pas apparaître avant 2020. Par ailleurs, les quelques pistes cyclables installées ça et là ne sont pas réellement adaptées à une circulation sans risques des cyclistes. Pour réduire la circulation dans les grandes villes, pourquoi ne pas adopter une taxe d’entrée comme à Londres. Il va surtout falloir changer les comportements. A cet égard, il faudra certainement recourir tant aux incitations qu’aux pénalités (la carotte et le bâton). Mais le changement durable des mentalités ne peut passer que par la sensibilisation, l’information, l’éducation de nos enfants dès leur plus jeune âge. Les associations qui s’y emploient avec des moyens modestes regrettent, de ce point de vue, la suppression des emplois jeunes qui les pénalisent lourdement dans l’accomplissement de cette mission.

1.3.- utilisation de technologies nouvelles :

- chauffage des bâtiments : géothermie,

- véhicules individuels : vélos et scooters électriques, automobiles électriques et surtout hybrides (pression sur l’industrie automobile française, fortes incitations),

- nouveaux modes de transport collectif : taxis collectifs, bus à gaz de récupération (Limoges), tramway sur pneus (utilisables en mode mixte : en site propre au centre ville et sur chaussée courante à la périphérie), tram train),

- production industrielle : nouveaux modes de production, réduction des flux d’énergie et de matière (gisement d’emplois),

- nouveaux modes de vie (télétravail).

2.-Réduction des autres pollutions et de la consommation d’eau

(agriculture, industrie, nature)

2.1.- Réduction des pesticides, des nitrates et de la surconsommation d’eau pour des cultures intensives inadaptées au climat :

une autre agriculture qui respecte la santé, l’environnement et se passe d’arrosage (les techniques existent),

2.2.- Lutte contre les pollutions maritimes :

Le Contrat de Baie signé pour la rade de Toulon à l’instigation de Corinne Lepage et qui avait pour objectif premier de dépolluer les fonds marins est plutôt un succès, même si la CCI n’a pas tenu ses engagements relatifs à la propreté des ports de plaisance. La station Amphytria a un très bon rendement. C’est une des stations les plus performantes du pays. Les boues portuaires, constituées de métaux lourds et d’hydrocarbures piégés dans les sédiments sous-marins, sont recueillies, desséchées et traitées à La Seyne sur le site de Brégaillon d’une superficie de 6000m2, dans une mini station d’épuration, sans impact négatif sur la population. Il faut envisager la reconduction de ce Contrat de Baie.

S’agissant des « dégazages » en mer, les associations se portent systématiquement en justice, obtiennent généralement gain de cause mais ne reçoivent que des réparations dérisoires sans commune mesure avec les frais réellement engagés.

2.3.- Lutte contre les autres pollutions :

décharges sauvages ou polluantes

2.4.- Réduction des déchets :

des produits durables, réparables et recyclables (gisement d’emplois)

2.5.- Protéger la nature et la biodiversité

Dans le cadre du développement des énergies renouvelables, il n’est pas souhaitable de multiplier sur nos cours d'eau, dont l'état est déjà inquiétant, de nouvelles micro centrales. Un débit réservé mal respecté risquerait d'avoir un effet néfaste sur la faune et la flore aquatique. Les pêcheurs sont en France 1 200 000 et surveillent avec vigilance ce genre d'installation qui risque d'altérer le développement durable. Pensons à l'après pétrole mais n'occultons pas le problème de l'eau (association regroupant 950 pécheurs).

Une autre association demande en vain à la Région le classement Natura 2000 du massif de la Sainte-Baume.

Le développement des biocarburants n’est pas sans danger pour la biodiversité, car il risque d’étendre sur le territoire de vaste zone de mono culture.

3.- Co-développement

Le plus important : l'eau, facteur de migration dans un avenir très proche des populations défavorisées sur ce plan. Il faut donc les aider dans ce domaine, en travaillant en collaboration avec leurs scientifiques et économistes, et non pas en distribuant des euros.
Il faut développer le commerce équitable.

4.- Impulsion politique et mesures organisationnelles

D’une manière générale, le combat à mener suppose une volonté politique forte. Dans la mesure où il se heurte à désintérêts économiques et financiers puissants, c’est un engagement nécessairement ancré à gauche.

S’agissant de modifier profondément et durablement les comportements et les mentalités il convient de recourir à des mesures incitatives fortes (positives et négatives). Mais la carotte et le bâton ne suffiront pas. Une campagne de sensibilisation, d’information, d’éducation sans précédent doit être engagée, principalement en direction des enfants. Comme on a su le faire pour lutter contre le tabac.

Sur un plan pratique, on pourra rechercher le développement de contrats de plan locaux (le plus souvent communaux) de type « Contrat de Baie »,  qu’on pourrait appeler « contrat local d’environnement » et réunissant régulièrement les partenaires concernés en vue d’atteindre des objectifs précis et chiffrés, à la manière des « contrats locaux de sécurité » (qu’il faudra par ailleurs rétablir).

A l’échelle nationale, les grands services publics (enfin ce qu’il en reste) devront donner l’exemple en affichant des projets emblématiques de développement durable.

Sur le plan international, il faudrait interdire la possibilité par les Etats de racheter le « droit à polluer », malheureusement permis par le protocole de Kyoto.

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