Carnets de campagne d'un citoyen ordinaire

Blog de soutien à la candidature de Ségolène Royal

11 janvier 2007

Impôt, névrose et socialisme

On ne peut même plus dire : « Mais quelle mouche a piqué François Hollande ? », puisque c’est la deuxième fois qu’il intervient dans le débat sur un sujet aussi sensible que celui des impôts. Je veux bien comprendre son malaise existentiel, mais je me refuse à croire qu’il veuille, à son tour, torpiller délibérément les chances de sa compagne pour se réserver des lendemains qui chantent. Mais peu nous importe, au demeurant, les tourments de l’homme. Et parlons plutôt de ce qui constitue surtout une faute politique.

Sur la forme, tout d’abord, il n’est pas nécessaire d’insister sur le devoir de réserve que doivent s’imposer TOUS les leaders du parti dans l’expression publique de leur opinion, chaque fois qu’elle est de nature à brouiller le positionnement de la candidate.

Sur le fond, il serait temps de rompre avec cet acharnement névrotique à vouloir tout résoudre par l’impôt, qui n’a d’égale que l’obsession parallèle de la droite à dépecer les régimes spéciaux de retraite. D’abord, parce qu’il est tactiquement stupide de stigmatiser ainsi une large partie de son électorat : même si sa frange la plus aisée est la seule visée, c’est l’ensemble des classes moyennes qui se sent ainsi visé et menacé. La droite ne commet jamais cette erreur et ménage toujours son électorat. Et de fait, sur un plan plus stratégique, c’est se tromper lourdement de cible. En effet, la bulle fiscale dans laquelle vivent les politiques les empêche trop souvent de discerner à quel point le niveau de vie de contribuables, imposés sur le même revenu imposable, peut être considérablement différent selon qu’il s’agit de salariés ou de non-salariés. Tout le monde sait bien que ces derniers ne sont imposés, pour faire simple, que sur ce qu’il leur reste quand ils ont tout payé (logement, voiture, essence, restaurant, etc.), c’est-à-dire quand ils ont déduit les frais généraux de leur entreprise, fut-elle unipersonnelle. Et je ne parle pas des subventions et autres exemptions de charges.

Alors oui, il faut sûrement augmenter l’impôt sur les revenus du capital, en tous cas au niveau de celui qui frappe les revenus du travail. Pour le reste, avant de céder à la facilité, il convient de tout remettre à plat par une vaste réforme fiscale, qui redonnerait un peu de transparence et d’équité à cette usine à gaz.

Pour finir, et plus globalement, a-t-on vraiment besoin de toujours plus d’argent pour régler les problèmes, alors qu’on sait bien qu’il est toujours très difficile de le dépenser, qu’il y faut des moyens et pour tout dire du temps. Bien trop souvent, des sommes beaucoup plus importantes qu’il n’est nécessaire sont engagées, faute d’avoir su planifier avec réalisme leur utilisation. Non vraiment, comme disait l’un de mes anciens patrons, qui s’était frotté utilement à la sphère politique : « Ne vous occupez pas de l’argent, il est dans les tuyaux ! »

Alors, essayons de dépenser moins et mieux, de faire plus de choses avec moins d’argent. C’est possible et cela relève de la seule volonté politique.

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23 octobre 2006

Retraites, impôts, etc. Les inégalités. (2)

Je ne supporte plus que soient constamment dénoncés les prétendus privilèges du secteur public.

Passe encore que la droite en fasse logiquement la pierre d’achoppement de son idéologie libérale et cherche à dévaloriser un modèle social exemplaire, qui devait servir à l’origine de locomotive pour améliorer les conditions de travail de l’ensemble des salariés.

Mais on voit bien que la rejoignent dans une « pensée unique » nombre de beaux esprits qui, sous prétexte que le sacro-saint marché imposerait désormais inéluctablement sa loi, nous font le procès permanent de notre archaïsme et de notre ringardise, au regard d’une plus grande docilité de nos voisins européens, qui auraient succombé avec délectation aux plaisirs masochistes de la régression sociale.

Non content de faire régulièrement l’apologie des ouvrages de François de Clozet, Le Nouvel Obs titre cette semaine sur « Les privilèges », en même temps que L’Express ne craint pas d’afficher en caractères énormes « Fonctionnaires, les ravages de la corruption ». Ambiance.

Et bien sur, comme toujours, celui des privilèges qui est mis en avant concerne l’age de départ à la retraite, singulièrement pour ce qui est des sulfureux régimes spéciaux. Comme s’il n’y avait que ça, l’age de départ à la retraite. Comme si ne comptait pas, par exemple, le nombre d’annuité, le montant des cotisations, le mode de calcul et pour finir le montant de la prestation versée. Comme s’il n’y avait qu’un seul type de retraite pour tous, celle de la sécu. Comme s’il n’y avait pas de multiples caisses de retraites complémentaires, dans le public et dans le privé. Comme si certains gros revenus du secteur privé (mais oui, ça existe) ne permettaient pas d’investir pour s’assurer de confortables rentes au moment de la « retraite ».

Et de fait, n’y aurait-il pas d’autres « privilèges » que ces régimes de retraite. A commencer par certains revenus, et pas seulement ceux des patrons du CAC40. Devrait-on oublier les nombreuses exemptions fiscales, à commencer par la déduction de frais professionnels qui peuvent recouvrir une assez large partie des dépenses d’un ménage. Pourquoi ne pas citer certaines professions en cours de fonctionnarisation parce qu’elles vivent largement de subventions non plafonnées, parfois très confortables pour certains.

Pour revenir aux régimes spéciaux, on stigmatise en général des entreprises publiques comme la RATP la SNCF ou EDF, en oubliant généralement de préciser que ces régimes ne concernent qu’une très faible partie de leur personnel, dont les conditions de travail sont particulières (horaires décalés, semaine de 6 jours, travail le dimanche, etc.). Par exemple, à la RATP la possibilité de départ à 50 ans ne concerne que les seuls conducteurs de métro.

Et s’agissant toujours du seul secteur public, on oublie curieusement de citer le secteur le plus privilégié qui est tout de même l’armée (et la gendarmerie) avec la possibilité de partir à 35 ans, puis d’occuper éventuellement un emploi réservé dont le revenu vient alors s’ajouter au montant de la retraite.

Enfin, pour couronner le tout, on passe généralement sous silence les régimes spéciaux du secteur privé, pourtant en tous points comparables à ceux du secteur public et pour les mêmes raisons de conditions de travail. Il en va ainsi des marins, mais aussi, par exemple dans le secteur pétrolier, de la plupart des agents dits « d’exploitation », qui ne travaillent pas tous, il s’en faut de beaucoup, sur les plateformes offshore.

Alors, de grâce cessons de montrer du doigt ceux d’entre nous qui ont, par ailleurs, considérablement contribué au développement économique, industriel et technologique de la France. Pour autant, ne nous jetons pas au visage nos privilèges respectifs. Mettons les choses à plat et discutons-en, sans a priori. En toute fraternité.

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10 octobre 2006

Retraites, impôts, etc. Les inégalités. (1)

Afin de masquer les inégalités criantes qui tendent à s’accroître dans ce pays, entre une petite minorité qui s’enrichit chaque jour d’avantage et la plus grande partie de la population qui s’enfonce dans la précarité (la fameuse fracture sociale, souvenez-vous), la droite s’ingénie, comme elle l’a toujours fait, à dresser les Français les uns contre les autres : paysans, artisans, commerçants (rebaptisés entrepreneurs) contre les salariés, salariés du privé contre ceux du public, ceux qui ont un emploi contre ceux qui en cherchent, jeunes contre les anciens (coupables d’avoir endetté la France), smicards contre RMIstes, Français «de souche» contre les immigrés, immigrés de l’est contre ceux du sud, etc, etc…

Ne tombons pas dans le panneau, rassemblons-nous et resserrons les rangs, comme nous avons su le faire au moment des grèves de 1995, quand tous les salariés, tant du secteur privé que du secteur public, soutenaient ceux des transports publics.

Et puis mettons les choses à plat, pour y voir plus clair. Car, rien n’est simple. Derrière la facilité des slogans se cache une réalité complexe. Décrivons les situations dans le détail. Donnons les chiffres. Brisons ce tabou de l’argent qui dans notre pays empêche tout véritable débat. Qui gagne quoi ? Quelles conditions de travail ? Quels avantages ? Quels impôts ? Quel niveau de vie ? C'est alors seulement que nous pourrons en discuter tous ensemble, pour remettre un peu de justice dans ce pays.

Posté par civis à 17:52 - Retraites, impôts, etc. Les inégalités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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