Carnets de campagne d'un citoyen ordinaire

Blog de soutien à la candidature de Ségolène Royal

24 juin 2007

La première des réformes à entreprendre est celle du fonctionnement démocratique du parti socialiste

Grand donneur de leçons de démocratie tous azimuts, le parti socialiste s’en affranchit aisément lorsqu’il s’agit de son fonctionnement interne. Nées du congrès du Mans en 2005, ses instances dirigeantes : conseil national, conseils fédéraux, commissions administratives de section (dont émanent le bureau national, les bureaux fédéraux et les bureaux de section) ont été élues à la proportionnelle, à partir des voix recueillies par les différentes motions auprès des quelques 100 000 adhérents de l'époque, par les délégués censés les représenter. Je dis « censés » parce que le processus de leur désignation par les seuls appareils des courants, et non par les adhérents, est loin d’être transparent.

Au demeurant, même si l’on admet que ces instances étaient à l’époque représentatives, il n’en va plus de même aujourd’hui, et de très loin, puisque le nombre des adhérents a quasiment triplé. Il n’y a pas d’autre raison de demander un congrès anticipé, mais excusez du peu, celle-ci est de taille ! Et nous savons tous, pour connaître l’histoire de France, combien explosive peut se révéler la situation politique, lorsque le pays légal ne correspond plus au pays réel, lorsque la carte ne reflète plus le territoire. Bien sûr, ce qui vaut pour le pays, vaut pour tout parti qui se prétend démocratique.

Le comble est sans doute que, pour rétablir un semblant de représentativité, certains en viennent à prétendre que les nouveaux adhérents « se sont évaporés » ! Ah bon ? Comme c’est commode ! Et combien, s’il vous plait ? Comment les avez-vous comptés (on peut payer sa cotisation jusqu’ à 6 mois après la fin de l’année concernée) ? Parce qu’ils ne viennent plus ? Ca, on peut le comprendre.

D’autres s’emploient à tout faire pour les dégoûter dans l’espoir qu’ils s’en aillent, de préférence avant le congrès…

Certains dont le premier secrétaire (!) vont même jusqu’à rappeler que la cotisation est très chère la deuxième année et qu’il faut la payer !

La première des réformes à entreprendre est celle du fonctionnement démocratique de ce parti. Alors, pour commencer, exigeons la tenue anticipée du congrès, dès l’automne 2007.

A cet égard, il existe une pétition en ligne que je vous invite à signer :

http://www.mesopinions.com/detail-petition.php?ID_PETITION=2c973d79c206ad6767f33c71b7f40c58

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11 juin 2007

Refondation de la gauche. Motion et ouverture

Deux points de désaccord (qui ne sauraient remettre en question mon soutien)

Bien que je continue à penser que la rénovation nécessaire de la gauche doit être conduite par Ségolène Royal et que le plus tôt sera le mieux, je ne puis m'empêcher d'exprimer mon désaccord avec elle sur au moins deux points.

En premier lieu, je trouve regrettable qu'elle soit contrainte d'exprimer sa légitime ambition sous la seule forme du dépôt d'une "motion". Une motion ! Je sais bien, les statuts... Mais n'est-il pas grand temps de revisiter justement ces statuts, dont on a pu mesurer les ravages depuis le congrès de Rennes ? La refondation du PS ne nécessite-t-elle pas d'abord et avant toute chose un changement radical de ses règles de fonctionnement ? Après quoi, bien sûr, nous pourrons débattre réellement des questions de fond, sans que les positions des uns ou des autres marquent leur appartenance à telle ou telle chapelle. Recherchons donc des modes de représentation dans les instances du parti plus simples et plus démocratiques.

Par ailleurs, quel besoin de rechercher un accord avec Bayrou, lui qui ne doit sa fugitive émergence qu'aux manœuvres de contournement de certains "socialistes" ? En revanche, il nous faut en effet tenter de récupérer les voix qui se sont égarées sur son nom, parce que je suis convaincu qu'il s'agit principalement de voix de gauche, dont on a volontairement organisé l'évasion pour faire délibérément perdre Ségolène Royal (et nous avec). Les vraies voix "centristes » ont toujours été et demeurent des voix de droite. Elles se sont portées comme toujours sur les anciens UDF, alliés de toujours de l’UMP. Plutôt que de chercher une alliance improbable avec un centre fantasmagorique, il nous appartient de ramener dans le giron de la gauche les électeurs qui l'ont provisoirement abandonnée.

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25 mai 2007

Refondation de la gauche 3 (une analyse intéressante de Jean-Pierre Chevènement)

Dans un entretien à paraître en juin dans la revue Utopie critique, Jean-Pierre Chevènement dessine les grandes lignes de la refondation de la gauche.

Extraits de l'entretien :
« Ségolène Royal, pendant sa campagne électorale, a cherché une mise à niveau du PS dans l'urgence. Je l'y ai aidée de mon mieux et je continuerai à le faire, non pas en direction d'une ouverture « centriste » qui n'avait qu'un intérêt tactique entre les deux tours, mais en vue de créer un grand parti de gauche, ancré dans les couches populaires, capable de gouverner et donc structuré par un logiciel républicain.
Il n'y a pas d'autre alternative. La social-démocratie en France n'a pas de sens en raison de l'émiettement syndical et de la tradition de séparation entre le politique et le syndical qui remonte à la Charte d'Amiens (1902). La jeunesse pourra alors s'engager dans ce grand parti de gauche qui est à construire avec elle.
Avec le MRC, je l'aiderai de mon mieux à trouver ses repères. Aucun parti de gauche ne peut se passer d'une grille de lecture du monde. Comprendre le monde pour le transformer, pour changer les règles du jeu de la mondialisation libérale reste un préalable à toute refondation réussie de la gauche française. »

(...)

« La gauche qui se dit antilibérale doit cesser de jeter l'ostracisme sur l'idée républicaine, comme elle l'a fait dans la dernière période. Nous avons toujours lutté pour aider la gauche à lutter contre ses mauvais démons : il y a urgence à redresser ses analyses sur des sujets essentiels comme la nation, l'Europe, la sécurité, les rapports avec les pays du Sud.
Il faut rompre avec les visions angéliques ou laxistes qui ont plombé la gauche face à N. Sarkozy : celui-ci a su récupérer et détourner des valeurs républicaines que la gauche n'aurait jamais dû laisser tomber en déshérence. C'est par ce combat idéologique intransigeant dans la gauche elle-même que commencera la reconquête. Rien n'est perdu. Tout est à reprendre. »

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22 mai 2007

Refondation de la gauche 2 (la politique et le rêve)

Lu sur le blog Héron Gris cette tribune libre écrite par Campagnol le 21 mai 2007 (citée sur Désirs d’Avenir par myosotisbasq) :

« Les rêves nous aident à vivre.

Je m'appelle Jean, j'ai 35 ans, et je suis ouvrier spécialisé. Mon travail n'est pas vraiment passionnant, mais je gagne un peu plus que le smig. Anne, ma femme, est caissière au supermarché, elle travaille à temps partiel, ce qui nous permet de vivre et d'élever nos deux enfants. Assez correctement mais nous devons faire attention et compter nos sous...

On a un peu parlé des élections, au boulot et à la maison. Nous avons écouté Mme Royal, mais nous n'avons pas tout compris de ce qu'elle proposait. Elle nous a donné l'impression de s'adresser à des gens plus instruits, plus cultivés que nous. Et en plus, dans son parti, ils n'avaient pas l'air d'être tous d'accord. Mr Sarkozy lui, c'était plus clair, plus facile à comprendre. Oh bien sûr, on sait bien que ce ne sont que de belles promesses, mais quand même, si c'était vrai ...

Alors, nous avons voté tous les deux pour lui. Pour le rêve. Le rêve qui éclaire un peu notre vie. On verra bien ... »

Je me suis alors souvenu que j’avais écrit ici le 4 octobre 2006 ces lignes qui me paraissent plus que jamais d’actualité :

« On nous l'a souvent dit : la politique doit faire rêver. Et curieusement le rêve s'appuie sur la doctrine, au risque de tourner au cauchemar.

Je m'explique : la doctrine s'oppose à la gestion et c'est en cela qu'elle fait rêver, parce qu'elle promet un monde meilleur, individuel ou collectif.

Durant les vingt premières années de la Ve république, avant que l'élection de Mitterrand n'impose l'alternance, forte de ce qu'elle croyait être sa légitimité, la droite s'est contenté de gérer les affaires publiques, laissant l'opposition de gauche se nourrir du seul rêve d'un monde meilleur.

Depuis lors, après que la gauche au pouvoir ait montré qu'elle était capable de gérer le pays, même si elle avait, au passage, quelque peu oublié sa volonté de « changer la vie », la droite, pour marquer sa différence, et se référant aux modèles thatchérien et reaganien, s'est plu à afficher des postures de plus en plus doctrinaires, dans le but afficher de libérer le rêve américain, ce rêve individuel, égoïste qui hante la planète : si tu veux t'arracher à la misère de ce monde, travaille et enrichit-toi. Evidemment, la tâche lui a été largement facilitée par l'écroulement du rêve collectif en URSS et ailleurs.

Aujourd'hui, face à une droite plus doctrinaire et arrogante que jamais, porteuse de ce rêve empoisonné, ce n'est pas une gauche gestionnaire, celle de Jospin ou Strauss-Kahn, dont nous avons besoin. Les Français l'ont déjà rejetée, à juste titre, en 2002. Ce n'est pas non plus une gauche doctrinaire accrochée à ses dogmes et curieusement portée par d'autres gestionnaires plus habitués des cercles financiers que des masses populaires. Non ce qu'il nous faut c'est une gauche décomplexée, créative, pragmatique et participative, surgie de la France profonde, de son peuple et de ses provinces, et porteuse d'un nouveau rêve collectif de fraternité.

Rêve contre rêve. »

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20 mai 2007

Refondation de la gauche (clivages et leadership)

Nous sommes à peu près tous d’accord sur les raisons de la défaite. Ce n’est donc pas utile d’y revenir dans le détail (pour le moment). Nous sommes à peu près tous d’accord sur la nécessité de refonder la gauche et de poser la question du leadership.

Commençons par le leadership, parce que c’est le plus simple. Ne tournons pas autour du pot, nous savons tous que cette question se ramène à savoir qui de Ségolène Royal ou de Dominique Strauss-Kahn sera le leader reconnu et respecté de l’opposition durant les cinq ans à venir. Je comprends bien que DSK tergiverse et veuille jouer la montre pour avoir le temps de se « refaire », lui qui est le moins bien placé, surtout après ses déclarations au soir du second tour, qui sont très mal passées jusque et y compris parmi ses partisans. L’ennui, c’est qu’à vouloir reporter indéfiniment l’échéance (jusqu’à ce que les sondages lui soient favorables) il risque d’entraîner le parti dans une longue dérive, plus grave encore que celle qui a précédé et qu’il dénonce durement en accablant François Hollande. Puisque affrontement il doit y avoir entre ces deux personnalités, qu’il ait donc lieu le plus vite possible, pour qu’on puisse aussitôt passer aux choses sérieuses et reconstruire l’opposition.

Un autre facteur me parait devoir être pris en compte, en préalable à toute refondation. Je veux parler du clivage, indéniable entre les anciens adhérents et les nouveaux. La encore, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt. Sans les nouveaux adhérents, Ségolène n’aurait sans doute pas été investie par le PS. Et sans les nouveaux adhérents la campagne n’aurait jamais suscité une semblable ferveur populaire, qui eut pu nous conduire à la victoire, si d’aucuns n’avaient pas décidé de tout faire pour l’empêcher. Sans doute, nombre d’anciens adhérents, d’abord réticents, ont-ils fini par jouer le jeu et soutenir leur candidate, à leur manière, tant était grande leur envie sincère de l’emporter. Il n’empêche qu’ils n’ont jamais cru, par exemple, à la nécessité d’organiser les débats participatifs, qui étaient demandés, tant ils demeurent attachés à cette vieille idée léniniste qu’ils sont l’avant-garde éclairée d’un peuple insuffisamment éduqué pour comprendre les véritables enjeux. A cet égard, ils regardent toujours avec méfiance ces nouveaux adhérents qu’ils considèrent un peu de seconde zone, tant par la modicité (scandaleuse à leurs yeux) de la cotisation initiale qu’il leur a été demandée que par leur supposée absence de « culture politique ».

Partant de ces deux sortes de considérations (la question du leadership et le clivage entre les militants), il me semble que s’offrent à nous deux hypothèses de travail, qui comportent, pour chacune d’entre elles, avantages et inconvénients.

Hypothèse 1 : Après la démission de François Hollande, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn affrontent le suffrage des adhérents pour le remplacer à la tête du parti. Bien sûr, Ségolène Royal l’emporte, mais elle va devoir composer avec le Conseil National, véritable instance décisionnaire, où il n’est pas évident que ses partisans sincères soient les plus nombreux. En même temps, dans les fédérations et les sections, les nouveaux adhérents, qui la soutiennent, vont se voir canalisés à l’intérieur d’un nouveau prétendu « courant », pour que les mêmes puissent poursuivre les jeux qui recouvrent habituellement les ambitions et les rivalités de personne. Dans ce contexte, évidemment, Ségolène devra préparer un Congrès extraordinaire (si le Conseil National le veut bien), en espérant que la ferveur populaire soulevée par sa campagne ne retombera pas trop vite et que les nouveaux adhérents s’accrocheront aux branches.

Hypothèse 2 : A l’instar de Bayrou, Ségolène crée un nouveau mouvement qui a pour vocation de réunir l’ensemble des adhérents de Désirs d’Avenir. Puis, aussitôt après, s’inspirant de Mitterrand, elle propose la création d’une Fédération de la Gauche qui regroupe le nouveau mouvement, le parti socialiste et tous les autres partis qui voudront les rejoindre (en conservant ainsi une certaine autonomie) : PRG ( ?), Verts, PC, etc., Fédération dont elle prend évidemment la tête. Dans cette hypothèse, Ségolène disposerait avec ce nouveau mouvement d’un outil efficace pour donner une nouvelle impulsion à la gauche, sans se couper des autres composantes plus dogmatiques de la Fédération, qui verraient ainsi leurs sensibilités préservées. En revanche, la question du leadership pourrait se voir relancée à terme par le remplacement à la tête du PS de François Hollande par Dominique Strauss-Kahn, ainsi placé en embuscade pour renverser ultérieurement Ségolène à la tête de la Fédé

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16 mai 2007

Mouvement brownien

Le racolage de "personnalités" de gauche bat son plein. Mais ne cédons pas à la panique et regardons les choses de plus près. Tapie, Séguéla, bon débarras. Besson, sans commentaire. Kouchner, je ne vais pas pleurer, si me rappelle bien sa prise de position en faveur de la guerre en Irak (à cet égard c'est même un signal intéressant pour ceux qui doutaient encore de l'atlantisme de Sarkozy). Mais Védrine et Lauvergeon paraissent résister aux sirènes. Ca c'est plutôt encourageant. Plus préoccupantes me paraissent les déclarations de Jean-Michel Baylet à l'issue de son entretien avec Sarkozy. Qu'est-ce qu'on fait dans les circonscriptions concédées aux radicaux "de gauche" (comme la mienne) ? A l'exclusion de Christiane Taubira dont je ne doute pas un instant de la loyauté et peut-être de quelques autres, il y a peut-être lieu de leur demander quelques engagements précis avant les législatives ! En attendant le grand ménage, qui devra suivre immédiatement après.

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15 mai 2007

Intervention de Ségolène Royal au Conseil national du 12 mai 2007

Je dirai simplement quelques mots pour dire aussi que tous ces applaudissements sont destinés aussi à tous les militants, les citoyens qui se sont formidablement mobilisés au cours de cette belle campagne.

Vous dire aussi la fierté d’avoir conduit cette campagne, désignée par 60 % des militants socialistes, je voudrais souligner la très forte mobilisation dans les fédérations, la mobilisation des militants, bien sûr, mais aussi celles des partis alliés qui nous ont rejoints, qui nous ont soutenus dans cette campagne, tous les élus qui ont également été en première ligne de ce combat. Nous avons vu des salles pleines à craquer, des citoyens enthousiastes, des citoyens mobilisés, et aujourd’hui c’est une force qui s’est levée, même si le combat ne s’est pas terminé comme nous l’aurions souhaité. C’est une force qui s’est levée de 17 millions de voix.

Et je pense, je le vois, vous le voyez aussi sur vos territoires, ce vote contient des perspectives d’avenir, ce vote contient un élan. On sent, à la fois bien sûr une tristesse, et j’y reviendrai, même parfois plus, et en particulier dans les quartiers populaires, mais on sent également une fierté très forte et une volonté de continuer. Il n’y a pas d’abattement, il y a une fierté dans ce qui a été réalisé, dans ce qui a été dit, dans ce qui a été porté au cours de cette campagne, dans ce qui a été réalisé, à l’exemple de ces images de meetings extraordinaires, dans ces images de Charléty par exemple, mais aussi partout dans les régions dans lesquelles vous êtes et dans lesquelles vous êtes mobilisés.

Moi, je veux aujourd’hui surtout retenir cette fierté-là parce que c’est sur ce socle-là que nous allons pouvoir construire le mouvement des élections législatives. Les valeurs fondamentales étaient là, les problèmes étaient bien identifiés, la question de la vie chère et des bas salaires, la question du chômage et des délocalisations, notamment le chômage des jeunes, la question de la précarité qui était au centre de notre campagne, les questions aussi liées à la sécurité, aux sécurités au sens large, avec le besoin que ressentent les Français d’avoir une clarification des règles du jeu, ce que j’ai appelé l’ordre juste. La question du refus de l’assistanat pour les tout petit salariés, pour les travailleurs pauvres. Et, cette question aussi, nous devons continuer à y travailler, les peurs aussi, les peurs des délocalisations, les peurs des personnes âgées face au déficit de tous les régimes de retraite et de santé. Bref, les questions sont là, les questions aussi que nous avons abordées sur la République, sur la nation, sur l’identité. Nous l’avions fait il y a déjà deux ans, donc ces questions-là qui ont parfois été recaptées, raptées parfois par la droite en étant déformées, nous devons continuer à y travailler et à les clarifier.

Je pense aussi à la question de la valeur travail, dont j’ai été une des premières à la mettre en avant dans ce débat. Tous ces sujets continuent à tarauder les Français, ils vont donc à nouveau émerger au cours de la campagne des élections législatives. Et tout ce travail qui a été accompli par le Parti socialiste, par le mouvement aussi de rassemblement au cours des échéances de la campagne présidentielle devra rapidement déboucher et être clarifié. Et c’est le rôle aussi de ce Conseil national et des présentations qui seront faites tout à l’heure.

Je voudrais ici dire très simplement que j’entends ici ou là des interprétations de la défaite, certaines justes, bien sûr, d’autres dérisoires, et d’autres inutilement blessantes, mais je crois qu’aujourd’hui le temps n’est pas aux polémiques. Je dirai pour ma part ce que j’en pense après les élections législatives. Car je crois que, d’ici là, nous devons rester unis et nous avons entre les mains ce talisman que j’évoquais tout à l’heure de la fierté et de la volonté de 17 millions d’électeurs qui attendent de nous que nous redéclenchions, pour les élections législatives, un mouvement d’unité, de fraternité, de solidarité, un élan qui nous permettra d’envoyer à l’Assemblée nationale le plus grand nombre possible de parlementaires ; parce que c’est le fonctionnement de la démocratie qui est en jeu, c’est l’émergence d’un contrepouvoir par rapport à une droite dure qui a fait la jonction avec l’extrême droite, donc il y a une attente extrêmement forte à notre égard. Et, pour ma part, ce que je crois, c’est que nous devons mobiliser les énergies positives qui ont émergé au cours de cette campagne, et nous devons les transformer positivement au cours de cet élan des élections législatives. La campagne sera conduite par le Premier secrétaire. J’y prendrai bien évidemment toute ma place en tant que candidate à l’élection présidentielle, je suis disponible pour venir faire des réunions sur le territoire, d’autant plus que je ne suis pas candidate. Je ne sais pas candidate parce que je m’applique à moi-même une des règles du pacte présidentiel du non-cumul des mandats, mais je conçois que cette règle ne soit pas suivie par tous puisque la loi ne l’impose pas aujourd’hui, donc je ne l’impose pas comme modèle, mais il me semble élémentaire, par rapport à ce que j’ai dit en tant que candidate à l’élection présidentielle, et portant une rénovation sur ce que nous avons appelé ensemble la république nouvelle, la VIe République, la modification des formes de l’exercice de la politique et en particulier la réforme des institutions au sein de laquelle nous avions inscrit ensemble, dans le projet socialiste, le non-cumul des mandats, il me semble que la politique par la preuve, qui m’est chère, est que le non-écart entre le discours et les actes soit appliqué.

Pour la suite, je ne sais pas si, ce qui compte, c’est de savoir s’il faut être plus ou moins à gauche. Vaut mieux être à gauche de toute façon, mais je crois que la question, et je pense qu’il ne faudrait pas qu’il y ait des conflits, de débats inutiles sur cette question-là, qui pourraient entraîner des difficultés ou freiner le mouvement positif, essentiel, indispensable, pour gagner le plus grand nombre de circonscriptions.

Je crois que la question, pour nous socialistes, c’est d’être vrais et de réaliser, d’incarner le socialisme du réel, c’est ensuite d’être cohérents, et j’allais dire disciplinés, même si ce n’est pas un mot fréquemment utilisé parmi les socialistes. Et je pense que pour l’avenir, sans anticiper les échéances, il est clair qu’il faudra réformer notre calendrier. D’abord, que le projet pour l’élection présidentielle ne soit pas fait avant, mais après la désignation de notre candidat ou de notre candidate pour qu’il y ait une cohérence. Ensuite, il faudra que le processus de désignation interne ne soit pas situé aussi près du combat principal et ne pas laisser un certain nombre de séquelles ou d’utilisations du combat interne utilisées par la droite. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, et d’en reparler sereinement, y compris dans la part que j’ai prise dans ce résultat qui n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions. L’heure est maintenant à la mobilisation. Et je voudrais simplement souligner aussi un autre élément de fierté : nous avons reconquis le vote populaire, et notamment le vote ouvrier, 54 %. Nous avons fait venir vers la citoyenneté des jeunes, des jeunes très nombreux qui sont venus s’inscrire et qui ont voté pour nous, et notamment les jeunes des quartiers. Il y a des résultats qui sont sans appel, sans commentaire : Vaulx-en-Velin : 63 %, La Paillade : 65 %, Le Mirail à Toulouse : 70 %, les quartiers Nord de Marseille : 70 %, Aubervilliers : 61 %, Saint-Denis : 67 %, Trappes : 70 %, Bobigny : 66 %. Merci à ces jeunes, à leur élan citoyen, et nous savons aussi leur déception, leur désarroi, leur profonde tristesse.

Je pense que l’une de nos responsabilités, pour que ces jeunes continuent à venir voter, et continuent à s’inscrire dans cet élan citoyen, notre responsabilité, c’est de leur offrir des perspectives, c’est sans doute de repenser les formes de militantisme dans les quartiers, c’est d’y conduire avec eux, et non pas à leur place, des actions concrètes. Et nous pouvons le faire avec les collectivités territoriales, je pense en particulier aux emplois tremplins, je pense à toutes les formes de soutien, de solidarité, d’aide scolaire que nous devons aujourd’hui relayer et mettre en place, et prolonger par rapport à ce que nous avons dit dans le pacte présidentiel au niveau des Régions, des Départements, des communes. Je vois ici ou là déjà des élus qui se mobilisent et qui se demandent comment nous allons répondre à cette immense attente de citoyenneté et d’engagement des jeunes dans les quartiers, qui nous ont fait confiance et qui constituent une partie, non pas un problème comme de l’ai dit souvent dans cette campagne, mais une grande partie de la solution aux problèmes qui se posent aujourd’hui en France, et en particulier au regard de la consolidation du pacte républicain.

Et donc cette mobilisation-là, je crois que c’est le cœur de notre réflexion. Les catégories précaires, les milieux populaires, mais aussi les classes moyennes, qui attendent de nous que nous restions debout, que nous restions fiers, que nous restions imaginatifs, que nous restions forts sur nos valeurs qui finiront par l’emporter.

Merci de votre engagement.

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13 mai 2007

Calme, patience et réflexion

Comme nous avons cru à la victoire, nous sommes bien sûr désemparés. Certains s’exaspèrent même de ce qu’ils croient être le silence de Ségolène. Je voudrais ici les inciter au calme et à la patience. En relevant d’abord qu’elle s’est exprimé sobrement mais clairement sur sa volonté de poursuivre sa courageuse entreprise de modernisation de la gauche, dont elle revendique, à juste raison, le leadership. Dans cette période qui précède les législatives, elle ne peut guère aller beaucoup plus loin, sans provoquer une querelle des chefs qui compromettrait à coup sûr l’issu déjà fort hasardeuse de la bataille à venir.

Sans doute, le parti, où plutôt l’appareil du parti, eut-il été mieux inspiré de la laisser conduire cette nouvelle campagne sur la base du « Pacte Présidentiel », qui a su reconquérir une majorité de voix chez les ouvriers, les employés et les professions intermédiaires, c’est-à-dire très précisément faire revenir à la gauche l’électorat traditionnel qui s’en était éloigné. Mais c’est ainsi. Et il faudra en tirer toutes les leçons lorsque viendra, tout de suite après, le temps de reconstruire ce parti ou d’en fonder un autre avec de nouvelles règles, nécessairement plus démocratiques.

En attendant, laissons-là souffler, respirer et se reposer. Elle l’a bien mérité. Laissons-la réfléchir aussi aux choix déterminants qui devront être les siens à très courte échéance. Et de notre côté, il n’est pas interdit d’y réfléchir également et de verser au débat les propositions qui nous paraissent pouvoir l’aider à poursuivre le magnifique travail de rénovation qu’elle a su amorcer.

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11 mai 2007

Quelques idées simples (à propos de la social-démocratie)

Cela fait quelques lunes qu’on nous rebat les oreilles avec la social-démocratie. Comme s’il s’agissait d’une idée neuve. Or, il me semble, si mes souvenirs sont bons, que la social-démocratie est née au début du XXe siècle d’une scission au sein du mouvement ouvrier entre les partisans d’une révolution et ceux qui lui préféraient les voies légales du réformisme. En France, cette scission s’est opérée en 1920 lors du Congrès de Tour de la Section Française de l’Internationale Socialiste et a donné naissance au Parti Communiste Français. Depuis lors, la SFIO et le Parti Socialiste qui lui a succédé en 1971 n’ont cessé de se réclamer de cette approche réformiste de la transformation sociale.

Les mêmes ne cessent d’annoncer qu’il faut nous aligner sur les partis sociaux-démocrates européens, au seul motif que nous serions sensiblement différents. Sans doute, la démocratie est-elle la loi du plus grand nombre. Mais pourquoi devrions-nous renoncer à notre spécificité ? Au contraire, il me semble que nous avons tout lieu d’être fier de notre différence, ne serait-ce que pour les valeurs universelles que nous avons su faire adopter par le monde entier. Je ne suis pas persuadé que le monde attende nécessairement de nous que nous rentrions dans le rang en ralliant la pensée unique. Je suis bien convaincu, au contraire, qu’on espère de la France qu’elle fasse encore entendre une voix singulière dans le concert des nations. Qu’il s’agisse de politique internationale ou d’expérimentation sociale, nous devons demeurer les défricheurs que nous n’avons cessé d’être au cours de notre histoire.

Au demeurant, nous savons bien que les grelots ainsi agités n’ont d’autre objet politicien que de sonner l’hallali et d’autoriser la curée sur notre championne défaite ; ils dissimulent bien mal les basses manœuvres dictées par de seules ambitions personnelles.

Or, sans même qu’il soit besoin de polémiquer sur les vrais responsables de notre échec, une constatation simple devrait s’imposer : eu égard aux seules ambitions personnelles des uns et des autres (qu’un prétendu clivage politique ne parvient pas à dissimuler), seule Ségolène Royal me paraît en mesure de maintenir l’unité du Parti Socialiste et d’empêcher son éclatement. Comme j’ai pu le constater hier en réunion de section, il se trouve justement qu’une très large majorité de militants le souhaite, comme une très large majorité de ses électeurs qui rejoignent en nombre le parti socialiste à seule fin de l’y aider.

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