Carnets de campagne d'un citoyen ordinaire

Blog de soutien à la candidature de Ségolène Royal

17 avril 2007

Ici et maintenant

Sans doute terrorisés par les menaces de Sarkozy, les journalistes de France 3 n’en finissent plus de lui donner des gages de soumission. Hier, dans le journal du soir, leur servilité a atteint des sommets. En effet, nous avons eu droit, en guise de compte rendu de la campagne électorale, en tout et pour tout à :

- une série de reportages exclusivement consacrés à de soit-disant électeurs de gauche, « très déçus par la gauche » et qui envisagent de voter Bayrou (faisant suite à deux séries de reportages identiques en fin de semaine dernière) ;

- des extraits de déclarations d’autres candidats exclusivement centrés sur les critiques les plus grossières de la candidate socialiste (avec notamment la reprise du thème de Bécassine par de Villiers).

Ecoeuré, je zappe au hasard sur BFM TV pour tomber sur d’autres extraits de déclarations de plusieurs candidats, également consacrés au seul dénigrement de Ségolène Royal.

De même, s’il n’est jamais question des nombreux articles élogieux qui paraissent dans la presse étrangère sur notre candidate, Le Monde daté d’aujourd’hui choisit parmi les plus hostiles un journaliste américain favorable à Bush pour en dresser le portrait le plus caricatural sur une page entière.

J’attends toujours qu’une grande voix s’élève pour dénoncer cette atteinte intolérable à la démocratie la plus élémentaire. Que font, je ne sais pas moi, la Ligue des droits de l’homme, ou Reporters sans frontières ? Leur arrive-t-il de regarder un peu ce qui se passe en France, ici et maintenant ?

Seule candidate à évoquer ce sujet, Ségolène Royal a justement décliné hier soir, lors du meeting de Nantes, toutes les mesures qu’elle entendait prendre pour rétablir le pluralisme dans les médias. Mais de cela bien sûr, il n’a été question nulle part, ni hier soir, ni ce matin, ni à midi.

Autre danger pour la démocratie qui ne semble troubler aucune de nos grandes consciences, les machines à voter ! Au-delà du soupçon légitime et des arguments techniques parfaitement fondés, avons-nous oublié les dernières élections présidentielles américaines ? Même les irlandais qui avaient acquis en grand nombre les mêmes machines qu’en France, ont du y renoncer sous la pression de l’opposition.

Mais, ici et maintenant, cela ne parait guère intéresser ceux qui font pourtant profession de défendre nos libertés, en dépit d’une pétition courageuse qui a déjà recueilli 66 000 signatures (que vous pouvez toujours signer : colonne de droite, «pour le maintien du vote papier»).

Faut-il en rire ou en pleurer : le Conseil constitutionnel s’est contenté de noter que "l’utilisation des machines à voter pour les élections, notamment présidentielles, est autorisée par le législateur depuis 1969" ! Faut-il rappeler à cette auguste assemblée ce que pouvait être en 1969 une machine électronique, sans aucun rapport avec l’informatique moderne qui remonte au plus tôt aux années 1980 ? 

A propos du vote électronique

Lu sur juriscom.net :

"Le Conseil constitutionnel a cru bon de publier un communiqué laconique le 29 mars 2007 rappelant tout d’abord que "l’utilisation des machines à voter pour les élections, notamment présidentielles, est autorisée par le législateur depuis 1969", ce qui est un fait historique ; et ensuite que "Ce recours aux machines à voter dans les conditions fixées par l’article L. 57-1 du Code électoral a été déclaré conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel", ce qui est au mieux une approximation, au pire une tentative de couper court à un soupçon grandissant sur la transparence et la sincérité des votes qui seront émis en 2007.

En effet, le Conseil n’a jamais directement été saisi de la conformité à la Constitution de l’article L. 57-1. Il a simplement eu l’occasion de se prononcer à plusieurs reprises sur les modifications successives de la loi du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, qui se référaient toutes à cette disposition. Dans sa séance du 29 mars, le Conseil constitutionnel semble considérer que « ce recours à des machines à voter », sous-entendu lors de l’élection du président de la République organisée par la loi modifiée du 6 novembre 1962, est donc « par référence » conforme la Constitution.

Malheureusement le communiqué de presse du Conseil n’a aucune valeur juridique, car seules les décisions que le Conseil prend dans le cadre des compétences à lui reconnues par la Constitution et la loi organique le concernant en ont une, ce qui n’est pas le cas des communiqués. Qui plus est, considérer comme conformes à la Constitution tous les textes auxquels renvoie un texte lui-même conforme à la Constitution est un raisonnement juridique pour le moins hardi qui pourrait rendre intangibles toutes les normes contraires à la Constitution qui subsistent dans notre ordre juridique et qui sont encore citées ou visées par des textes nouveaux. Enfin, même en la supposant possible, la nouvelle conformité « par référence », ne faisant pas partie du dispositif et n’étant pas invoquée dans les motifs des décisions du Conseil, dont l’objet est d’ailleurs un autre texte, ne s’imposera nullement aux pouvoirs publics et aux juridictions, car les conditions d’application de l’article 62 de la Constitution ne sont pas réunies. La Cour de cassation (dont un des trois sages récents faisait partie à l’époque) les avait utilement rappelées à propos de l’obiter dictum du Conseil sur la responsabilité du président de la République. En conséquence, l’utilisation des machines à voter pourrait, sans aucun abus du droit de recours, être juridiquement contestée devant les juridictions françaises.

Le plus regrettable dans cette affaire est que le Conseil se soit laissé abuser au plan technique. Par rapport à 1969, date de leur première autorisation par le législateur, la technologie des machines à voter est complètement différente, de façon telle qu’elles sont bien plus vulnérables. Aucun des éléments (déjà connus) rassemblés par le Conseil dans sa brève fiche technique, ne répond aux incertitudes expertisées aux Pays-Bas, aux Etats-Unis.

Que le Conseil ne s’estime pas le mieux placé pour prendre en considération, dans un contentieux, des éléments techniques (voir notre article précédent) qui pourraient avoir des conséquences sur la constitutionnalité d’une pratique évolutive, cela peut se comprendre. Qu’il considère le législateur comme seul compétent pour revenir sur la norme qu’il a posée en 1969 à la suite d’une appréciation de fond et des expertises nécessaires est certainement sage. Mais laisser à penser que, en l’état actuel des caractéristiques de ces machines et des atteintes aux principes essentiels de transparence, de sincérité et de confiance qui conditionnent la légitimité du vote démocratique, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes juridiques possibles pourrait bien être qualifié par certains de tentative de désinformation par usage d’un argument d’autorité.

Gilles Guglielmi
Professeur de droit public à l'Université Paris-2 (Panthéon-Assas)
http://www.guglielmi.fr "

(source : juriscom.net)

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11 avril 2007

Liberté de la presse

Après les menaces proférées par Sarkozy à l’encontre de la direction de France 3 (menaces très injustes au demeurant, eu égard à la servilité habituelle de la dite chaîne), les journalistes du « service public » redoublent d’ardeur pour retrouver la confiance de leur bon maître, avec une succession de « reportages » sur différentes catégories socioprofessionnelles traditionnellement acquises à la gauche et qui seraient, comme par hasard, tentées par le vote Bayrou : enseignants, chercheurs… Ah les grands journalistes intègres ! Dès le lendemain de l’élection, il va falloir se préoccuper sérieusement de la liberté de la presse dans ce pays…

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10 avril 2007

Quiz

Vu sur Le Monde.fr un quiz intitulé « De quel candidat êtes-vous le plus proche ? », où l’on peut lire par exemple :

« Votre avis sur l’impôt sur le revenu :

1- il faut le supprimer ;

2- il faut l’augmenter et baisser la TVA ;

3- il faut réduire les prélèvements de 4 points pour tous ;

4- il faut l’augmenter de manière importante dès la deuxième tranche. »

Ce qui m’inspire les remarques suivantes :

- je n’ai le choix qu’entre l’augmentation et la baisse des impôts ;

- aucune des réponses proposées ne me parait correspondre à une quelconque proposition de Ségolène Royal, mais on essaie de nous suggérer qu’elle ne peut que préconiser une augmentation des impôts ;

- la proposition 3 qui se réfère forcément à Nicolas Sarkozy omet de préciser qu’il est largement revenu sur cette proposition, qu’elle ne saurait être immédiate mais échelonnée sur dix ans !

Voilà un bon exemple de questionnaire biaisé. Et c’est bien par ce type de méthode  qu’on embrouille les gens et qu’on parvient sans mal à obtenir le résultat qu’on souhaite, avec pour objectif d’influencer les indécis.

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23 mars 2007

Retour sur une semaine médiatique

Au nombre des bégueules du microcosme, Madame Christine Ockrent, qui s’est donné un mal de chien pour tenter de déstabiliser notre candidate. Au point que rétrospectivement Poivre d’Arvor et même Arlette Chabot paraissent en comparaison avoir fait preuve d’une certaine neutralité. C’est dire. Tout y est passé du reportage introductif avec ses inévitables micros-trottoir (auxquels on peut faire dire ce qu’on veut) au choix des invités (à priori tous hostiles), en passant par les questions tordues et les sourires entendus de cette prétendue « grande professionnelle du journalisme ». Il en fut bien différemment le lendemain, où la mine goguenarde de la veille se fit désormais sérieuse pour entendre Mme Parisot, qui s’était fait une beauté pour la circonstance, approuver avec gourmandise le programme de Sarkozy après avoir vilipendé la veille celui de Ségolène Royal.

Personne ne s’est d’ailleurs demandé ce que venait faire dans le débat politique la représentante du MEDEF. Alors que les grandes centrales syndicales s’interdisent de prendre parti, l’organisation patronale n’a pas de ces pudeurs. Au demeurant, je comprend que Madame Parisot se voit contrainte de monter au créneau, tant ses trois poulains se montrent décevants. Qui s’en choquerait depuis que le MEDEF représente « la France qui travaille, celle qui se lève tôt », non pas les salariés, surtout ceux du secteur public, et pas d’avantages les « assistés », mais les « entrepreneurs », le grand mot est lâché, des grands patrons du CAC40 au modeste artisan. Et bien sûr l’artisan ne peut que s’en trouver flatté, comme le modeste paysan qui se croit défendu par la FNSEA.

Pour revenir aux grands professionnels du journalisme qui ne cessent de se plaindre qu’on veuille substituer à leur sagacité les interrogations et les attentes d’un vain peuple, qui ne peut percevoir l’importance des enjeux tant il est englué dans ses préoccupations terre à terre, je voudrais leur faire part de mon étonnement quand leur silence se fait assourdissant devant les mensonges éhontés de certains candidat. Quand François Bayrou ose affirmer, par exemple, qu’il est le seul à prévoir un référendum sur l’Europe. Ou bien quand Nicolas Sarkozy ose prétendre que Ségolène Royal régularisera tous les sans-papiers. Et ce ne sont que deux exemples pris au hasard parmi de nombreux autres du même acabit.

Un qui fut bien surpris l’autre soir sur FR3 (peut-être vendredi), c’est le présentateur du journal du soir. Pour faire comme ses petits camarades et nous faire partager son ébahissement devant l’irrésistible ascension de Bayrou, il avait cru bon d’inviter le correspondant d’ »El Païs » qui avait titré, un peu comme le NouvelObs, quelque chose comme « Et si c’était lui ». Pas de chance, le journaliste espagnol nous a expliqué que la majorité des espagnols souhaitaient la victoire de Ségolène, au point de surnommer leur premier Ministre Segoleno ! Ils avaient réussi à taire l’enthousiasme des belges puis celui des allemands ainsi que l’intérêt des britanniques. Mais là pour le coup, c’était raté.

Une journée d’information télévisée (lundi, je crois) : Sarkozy et Bayrou sur FR2, Besson sur TF1. L’équité, quoi.

Mouvement des enseignants : ils en est encore qui prétendent croire que Ségolène veut porter à 35h leur temps de présence dans les établissements et leur demander d’assurer un soutien scolaire individualisé sans contrepartie. Et bien sûr c’est ceux-là qu’on nous montre et qu’on interviewe. Ainsi du prof chargé sur le plateau d’Ockrent d’apporter la contradiction sur ce thème. Alors quoi, ils ne savent pas lire ? Ils sont incapables de se renseigner, d’aller chercher, si besoin est, le programme et les propositions sur internet ?

On ne dira jamais assez le mal qu’a pu faire la vidéo tronquée de la campagne interne. Encore merci chers « camarades »…

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12 mars 2007

Sondages, pas de panique !

Il va de soi que les résultats bruts des sondages ne sont pas truqués. Par contre leur affichage simplifié (prétendument pour plus de clarté) ouvre la possibilité à toutes les manipulations. En effet, la marge d’incertitude de 3% a pour conséquence, pour faire simple :

- qu’au second tour un résultat brut 50/50 peut s’écrire indifféremment 48/51, 49/52, 49,5/52,5 et inversement ;

- qu’au premier tour, un résultat brut 25/25/25 peut s’afficher 24/25/27, permettant de crédibiliser le maintien de l’un et de suggérer la fragilisation de l’autre.

Au demeurant, si l’on y regarde de plus près, en prenant par exemple le dernier sondage TNS-SOFRES, on constate que :

Bayrou progresse aux dépens de Sarkozy alors que Ségolène affiche une grande stabilité.

Par contre, il est particulièrement intéressant de noter l’extraordinaire distorsion entre le pronostic de victoire et le souhait de victoire :

- pronostic de victoire         Sarkozy 57             Ségolène 18

- souhait de victoire           Sarkozy 28             Ségolène 30

En clair, les partisans de Ségolène sont bien les plus nombreux, mais ils sont à ce point démoralisés par la campagne de désinformation qu’ils ne croient plus à la victoire. Il suffit donc leur faire savoir qu’ils sont les plus nombreux pour qu’ils croient à nouveau à la victoire !

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23 février 2007

Sondages

C’est tout de même curieux. Depuis qu’après la prestation de Ségolène sur TF1, les intentions de vote au premier tour en sa faveur ont enregistrées une remontée spectaculaire, on n’entend plus parler de sondage dans les médias.

Après une tentative avortée de nous faire passer pour nouveau un sondage réalisé avant l’émission, on s’est mis soudainement à s’interroger sur leur « confusion » (Le Monde). Et puis silence radio. Qu’on ne me fasse pas croire que d'autres sondages n'ont pas été réalisés. Les résultats en seraient-ils à ce point favorables à notre candidate, qu’on aurait choisi de les taire ? Je n’ose l’imaginer !

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Pétition gazettière

Apprenant que des journalistes de l’audio-visuel venaient de lancer une pétition, je me suis réjoui de cette bonne nouvelle et me suis précipité sur le site à seule fin de signer. Las, devinerez-vous ce qui soulevait l’indignation de nos valeureux reporters ? Non point, comme vous l’imaginez, la campagne de dénigrement systématique de notre candidate. Vous n’y êtes pas du tout. Non, ce qui provoque leur courroux, c’est tout d’abord la mauvaise répartition du temps de parole entre les candidats. Ah bon ? Mais oui, vous savez bien : la bipolarisation de la campagne, ce pauvre Bayrou qu’on entend pas, tous ces petits candidats défavorisés. Oubliant au passage que si les médias parlent en effet surtout de Ségolène et de Sarkozy, c’est tout de même pour moquer la première et louer le second. Mais ce n’est pas tout. Ce qui pousse l’ indignation de nos vertueux gazettiers à son paroxysme, vous ne devinerez jamais, et bien c’est qu’on ait quasiment renoncé au bon vieux débat à l’ancienne, et, comble d’impudence, qu’on ait osé remplacer des journalistes « professionnels » par de simple citoyens. Rendez-vous compte, par une telle vilénie, on tente quasiment de délocaliser une profession de vrais spécialistes blanchis sous le harnais. Et la faute à qui, je vous le demande ? Et bien évidemment à celle qui a eu cette idée saugrenue de rendre la parole aux citoyens, avec ses débats participatifs qui envahissent désormais jusqu’aux plateaux de tv !

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Les médias jusqu'à la nausée

On insiste trop à mon goût sur la partialité de TF1, en laissant croire que les chaînes du service public s’acquittent de leur mission. Ce qui est loin d’être vrai. Au point même que je ne vois guère de différence entre l’une et les autres, quand il s’agit de tordre l’information toujours dans le même sens. A ce jeu-là, deux journalistes parmi beaucoup d’autres se signalent à notre attention par leur zèle particulier. Marie Drucker sur FR3 et Françoise Laborde sur FR2. S’agissant de Marie Drucker, est-il besoin de rappeler le jour où elle s’est fait rappeler à l’ordre par l’Ambassadeur d’Israël pour lui avoir demandé : « Pensez-vous que Ségolène Royal est opportuniste ? », quand ce dernier venait de déclarer qu’elle avait « saisi l’opportunité de son voyage au Moyen-Orient pour, etc. »

Aujourd’hui, Françoise Laborde, autre habituée de ce genre de commentaires déplacés, avait invité Philippe Tesson et Olivier Duhamel pour débattre de « l’équipe du pacte présidentielle ». Bien sûr, comme d’habitude sur tous les plateaux qu’il fréquente, Tesson a pu s’exprimer trois ou quatre fois plus longtemps que son contradicteur et s’est employé à l’interrompre à tout moment. A cela nous nous sommes malheureusement habitués depuis longtemps et sur toutes les chaînes. Mais cela n’est finalement rien à côté de l’intervention dans le débat de Françoise Laborde elle-même, qui, jugeant Tesson insuffisamment critique à l’égard de Ségolène, lui a d’abord reproché  ce manque d’agressivité, et du coup s’est substitué à lui pour décocher le plus grand nombre de petites phrases acerbes destinées à désamorcer l’impression positive qui se dégageait des commentaires convergents de ses deux invités.

Deux exemples parmi des milliers depuis le début de cette campagne indigne.

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19 février 2007

Retour sur images

Les nombreuses réactions suscitées par mon billet précédent m’amènent à revenir sur le sujet.

On peut sans doute discuter à l'infini du contenu de cette émission, dont je continue de penser qu'elle en a rajouté une couche. Mais c'est justement parce que j'ai toujours eu de la sympathie pour Schneidermann et pour sa démarche que j' attendais mieux de lui et que je manifeste ma déception. Compte tenu du positionnement de son émission, il me semble qu'il lui appartient plus qu'à d'autres d'analyser cette campagne de désinformation sans précédent et d'en démonter rouage après rouage le mécanisme pervers.

Est-ce trop demander ? Je l'en crois capable. Et le fait de savoir qu'il votera Ségolène ne diminue en rien mon exigence. Tout ce que je demande c'est une campagne digne et impartiale qui nous parle des projets des uns et des autres. Qui en parle ? Personne. C'est bien plus rigolo et surtout bien moins fatiguant, pour vendre du papier ou du temps de cerveau disponible, de s'en tenir aux ragots et aux anecdotes et de monter artificiellement à partir de phrases sorties de leur contexte de prétendues "polémiques" ! Lisez la presse étrangère et vous verrez son étonnement sur le tour que prend cette campagne.

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18 février 2007

Arrêt sur images

Alors qu’il a fait son fond de commerce du décryptage de la communication audio-visuelle et prône, à juste titre, une rigueur d’analyse à l’opposé des contorsions de tous les soi-disant médiateurs, alors même qu’il devrait faire son miel de la campagne inouïe de désinformation à laquelle nous assistons impuissants et démonter la mécanique de l’incroyable lynchage médiatique infligé à Ségolène Royal, Daniel Schneidermann en rajoute une couche dans son émission d’aujourd’hui (France 5), en accumulant les clichés et les rumeurs de chiottes.

Ajoutant le cynisme à la vilénie il prétend, comme tout ses confrères, vouloir ainsi rétablir l’équilibre avec son émission précédente consacrée à Sarkozy. Sauf que… son émission d’aujourd’hui ne comportait que des journalistes hostiles à Ségolène, quand celle de la semaine dernière montrait des journalistes à ce point favorables et complices qu’ils se vantaient non seulement d’être tutoyés par le ministre de l’intérieur mais de le tutoyer naturellement en retour ! Ah le bon apôtre…

Le même Schneidermann avait ouvert le feu, si je puis dire, dans la même émission, à l’occasion du voyage de Ségolène au Chili, en diffusant un reportage de Lepers (qu’on a connu plus pertinent) centré sur les escarpins de la candidate et son manque de maîtrise de la langue espagnole. Le même Schneidermann, dont le blog est curieusement référencé su Désirs d’Avenir, où il ne semble pas avoir trouvé, fort heureusement, le succès escompté.

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