Carnets de campagne d'un citoyen ordinaire

Blog de soutien à la candidature de Ségolène Royal

07 mai 2007

L’impromptu du Fouquet’s (en guise de conclusion provisoire)

Charlety

Rien pu écrire entre les deux tours, tétanisé que j’étais par cette idée brusquement revenue au premier plan et que j’avais occultée depuis un an, tant je m’étais convaincu que ce n’était pas possible : Sarkozy pouvait être élu ! Non que le score de Ségolène fut insuffisant. Il était au contraire parfaitement honorable. Mais celui de Sarkozy traduisait une vérité incontournable : il avait réussi son hold-up programmé d’une partie importante des voix du Front National, auquel je n’avais pas voulu croire, tant je persistais à penser que cet électorat apeuré, désespéré, déboussolé continuerait à préférer le modèle à sa copie. D’où l’angoisse qui m’a saisi et qui s’est révélée malheureusement justifiée. L’avantage avec Le Pen (si l’on peut dire), c’est que le vote protestataire qui se portait sur lui ne pouvait en aucun cas déboucher sur son élection. L’ennui avec Sarkozy, c’est qu’au contraire il pouvait être élu et que, de fait il l’a été.

Les alertes de dernières minutes, bien trop tardives, n’y ont rien changé et n’ont pas su créer les conditions d’une mobilisation de grande ampleur, comme on l’avait connue entre les deux tours de 2002. Comme s’il était plus difficile à l’extrême gauche de voter Ségolène contre un Sarkozy réellement éligible que de voter Chirac contre un Le Pen fantasmatique… Le masque de respectabilité forgé au candidat de la droite par un matraquage médiatique sans précédent a, du coup, résisté sans peine à ces assauts timides et dispersés lancés en catastrophe, au point qu’il ait pu se faire passer pour la victime d’une diabolisation incompréhensive. Et, du coup, pareillement, la superbe combativité de notre candidate au cours du débat télévisé, qu’elle a incontestablement largement dominé s’est finalement retournée contre elle, tant son adversaire s’était pour l’occasion transformé en un mol édredon, tel un punching-ball expiatoire. Et ce petit garçon malmené par une mère autoritaire a su même émouvoir une chômeuse depuis cinq ans, au RMI, élevant seule ses deux enfants et rencontrée lors d’un tractage effectué à la sortie d’une école : "Elle n’a pas été correcte avec lui, en lui coupant constamment la parole et en l’empêchant de lui répondre…"

Qu’on ne s’y méprenne pas. Je n’ai rien a reproché à Ségolène. Mais absolument rien. Elle a mené cette campagne de bout en bout seule et de manière exemplaire. Seule, elle su tirer toutes les leçons des précédents scrutins. Seule, elle a su définir la stratégie et la méthode qui découlaient de cette analyse. Seule, elle pouvait nous conduire à la victoire. Mais j’ai tout à reprocher au parti socialiste, qui a laissé s’installer, durant ces cinq années, sans en percevoir le danger, tant il n’était occupé que par ses petits jeux, une concentration sans précédent du pouvoir médiatique au seul service de la droite. Et qui, non content de s’être ainsi enfermé tout seul dans la seringue, n’a rien trouvé de mieux que de casser d’emblée l’image de sa candidate, d’instruire son procès en incompétence et d’alimenter tout au long de la campagne ce procès dont s’était évidemment emparé pour son compte le candidat de la droite. Ségolène s’est battue seule jusqu’au bout. Elle n’a jamais explosé en vol. Elle a su franchir avec brio chacune des étapes. Et si, à l’arrivée, il lui manque un certain nombre de voix, nous savons bien pourquoi et à qui nous le devons. Alors, basta, ça suffit maintenant, qu’ils ne reviennent pas nous donner de leçons, quand ils ont utilisé tous les moyens possibles pour la faire échouer. Ségolène Royal demeure notre seul leader possible. Elle seule peut conduire à son terme la refondation nécessaire de la gauche. Pour ma part, je ne compte que sur elle, si possible à la tête d’un parti socialiste renouvelé, mais tout aussi bien, si cela s’averre nécessaire, d’un nouveau mouvement politique directement inspiré par sa démarche novatrice.

En attendant, tandis que l’économie est dominée par les fonds de pension, la France vient de se doter d’un Président, qui prétend défendre la valeur travail et ceux qui se lèvent tôt, mais n’est réellement majoritaire que chez les plus de 65 ans ! Dans son premier discours, il ne crains pas de nous asséner : « Je veux réhabiliter le travail, l'autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l'honneur la nation et l'identité nationale. » (Ça ne vous rappelle rien ?) avant de s’en aller, sans gène aucune, festoyer au Fouquet’s avec ses amis du CAC40 et quelques autres, parmi les plus vulgaires, du show-business, dédaignant pendant plus de deux heures la petite foule dérisoire de la Concorde (qu’il avait du imaginer déferlant sur les Champs Elysée jusqu’à l’Etoile comme en juin 1968), pour finalement rejoindre un quarteron de chanteurs ringards, sur le plateau improbable et impayable de ses supporters (ah, voir la tête de Christian Blanc, entre celles de Steevy et Bigard !) Nous n’oublierons rien de ce qui, au cours ce cette campagne, a permis qu’on en arrive là.

Pour l’heure, dans ce département de retraités aisés, l’un des plus favorables à la droite, où depuis six que j’y vis, je ne connaissais personne, cette campagne m’a permis de trouver de véritables amis, une vraie famille chaleureuse et fraternelle. Dans ce monde égoïste du chacun pour soi, de l’indifférence aux autres, de la peur de la différence, Ségolène, en effet, nous a redonné le goût de la fraternité.

Posté par civis à 17:28 - Pour Ségolène Royal - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Pour Ségolène !

Helas la France est dirigée par des vieux
Les vieux ont peur,peur de tout ,peur des ces mechants etrangers ! Au secours Nicholas!
Peur de perdre leur pouvoir d'achat ,au secours Nicholas! Pauvre France gérée par les personnes
agées .La gauche et Ségolène auraient pu gagner
si les vieux n'avaient pas tout gâché
par leur psychose , la gauche aurait pu gagner
si la masse inculte d'extreme droite n'avait
pas rallié sarkosy .L'appel du loup fut assourdissant et le bon sens inaudible
Mais courage Ségolène,en avant toute pour une bonne preparation de candidature
Bonne chance!

Posté par adelaide, 23 mai 2007 à 23:10

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