20 avril 2007
Serein
Que dire de plus dans ce dernier billet avant le premier tour (puisque les blogs de soutien doivent s’interrompre ce soir à minuit) ? Pourquoi je voterai Ségolène Dimanche ? Je crois l’avoir largement expliqué dans les 127 billets que comptent aujourd’hui ce blog ? Bien sûr parce qu’il faut barrer la route au dangereux candidat de la droite et qu’à cet égard ce vote constitue bien le seul vote utile. Bien sûr parce qu’il faut proposer au deuxième tour un vrai choix de société. Bien sûr parce que le vote Bayrou n’a aucun sens, qu’il n’est qu’un gadget, une impasse, un attrape bobos, la tentative désespérée de la technostructure de garder la main, alors que le candidat centriste ne peut s’appuyer sur aucune majorité de gouvernement.
Mais surtout parce que notre candidate a su tirer toutes les leçons politiques des précédents scrutins, parce qu’elle s’est portée à l’écoute des français, et donc parce que son programme authentiquement de gauche mais pragmatique et mesuré correspond à nos attentes. Parce qu’elle est non seulement compétente mais aussi forte, courageuse et déterminée et qu’elle a su montrer au cours de cette campagne indigne, face à un matraquage médiatique sans précédent depuis 1981, qu’elle avait le sang froid et les nerfs d’acier qui sont indispensables pour exercer cette haute fonction, et dont paraissent singulièrement dépourvus ses concurrents qui vont pleurant sur leurs blessures et leur fatigue.
Parce qu’elle a su tenir un langage simple et compréhensible par tous, je suis absolument convaincu qu’elle va ramener à gauche bon nombre des voix populaires qui l’avaient désertée. Je ne crois pas que les indécis soient aujourd’hui aussi nombreux qu’on nous le dit. Je crois plutôt que les instituts de sondages tentent de se doter par avance d’un alibi qui leur permettra d’expliquer l’écart entre le résultat et leurs prévisions constamment tendancieuses.
Car, je suis persuadé que Ségolène arrivera largement en tête du scrutin de dimanche, avec un score supérieur à 30%. Loin derrière elle, je crois que les trois autres se tiendront dans un mouchoir de poche. Et je ne serai pas autrement surpris que Sarkozy soit éliminé dès le premier tour, tant il n’a pu cacher longtemps sa vraie nature au cours de cette campagne. Bayrou, lui n’intéresse qu’une faible frange de l’électorat certes tapageuse et claironnante, celle des experts, des technocrates, des hauts fonctionnaires, ceux qui savent mieux que nous, et peut-être malheureusement quelques enseignants encore abusés par les traces d’une manœuvre indigne de la campagne. Reste Le Pen, qui peut encore nous réserver une surprise si tant est, comme il le prétend qu’un certain électorat peut préférer l’original à la copie. Si bien qu’au final je ne serais pas surpris que le second tour oppose Le Pen à Ségolène. Le résultat d'un tel scutin ne fait évidemment pas de doute. Mais il serait intéressant d’observer, dans une telle configuration, le comportement de nos valeureux républicains de droite.
19 avril 2007
En effet, avec lui, tout est possible
Je viens de recevoir le mail suivant qui en dit long sur ce qu’ils ont fait de notre République. Madame Simone Veil s’indigne qu’on « diabolise » un certain candidat. Je crains que Madame Veil ne soit mal informée.
« POUR INFORMATION, VOICI CE QUI S'EST PASSE HIER A CHATEAUNEUF DU PAPE :
1) Vendredi après-midi nous apprenons que Sarko sera à Châteauneuf du Pape
Samedi à 16h30. Visiblement le meeting est peu annoncé et réservé aux fidèles du crû, ce qui n'est pas étonnant, vu le contexte politico-géographique (proximité d'Orange, forte présence locale FN etc).
2) Samedi vers 12h30, une douzaine de personnes, dont moi, décide de se retrouver à Châteauneuf du Pape vers 16h/16h30 pour "acclamer" notre Berlusco-bush national.
3) Nous arrivons en ordre dispersé à Châteauneuf vers 16h. Le moins qu'on puisse dire c'est que notre présence "massive" de 12 personnes environ aurait dû plutôt passer inaperçue. En effet, parmi les 300 ou 400 personnes présentes sur la place, nous arrivons par groupes de 2 ou 3, sans banderole ni signe distinctif, et personne n'a même le temps de pousser le moindre slogan anti-Sarko...
ET POURTANT, C'EST LA QUE CA DEVIENT INTERESSANT :
A peine arrivés depuis 5 minutes sur la Place, je suis rapidement ceinturé par 4 mecs du service d'ordre de Sarko... La place en est d'ailleurs truffée(sans parler des RG, des flics municipaux et des gendarmes)...Celui qui à l'air d'être le chef du service d'ordre de Sarko dit à 2 de ses sbires : "celui-là vous me le lâchez pas d'une semelle"... Et c'est effectivement ce qu'ils font pendant environ 30 à 40 minutes. Dès que je fais 1 PAS, ils se déplacent d'un pas, et dès que j'esquive un pas plus rapide, ils me serrent de façon plus "parlante". L'un des deux passera même les 40 minutes à me fixer dans les yeux... tactique d'intimidation ou névrose personnelle, je n'ai pas la réponse, par contre au bout des 40 minutes en question, je décide d'opérer un repli stratégique vers le seul bistro ouvert sur la place et donc en pleine effervescence... Les 2 mouches à merde restent sur le seuil, mais à peine commandé mon café, 3 flics de la gendarmerie entrent dans le café et l'un d'eux me montre sa carte et me dit : "contrôle d'identité, voyez nous suivre"...
Ils m'accompagnent jusqu'à la limite du "périmètre sécurisé", au bas de la rue principale du village, et me disent qu'ils vont m'accompagner jusqu'aux locaux des services techniques de la ville ou ils effectueront le contrôle.
Au moment de monter dans leur camionnette un copain arrive, et du coup, je vois que je n'ai pas bénéficié d'un régime privilégié. Quand on arrive au local des services techniques, on s'aperçoit que la cour est truffée de 5 ou 6 cars de gendarmes mobiles. Autre surprise : 6 copains sont déjà là, ce qui signifie que nous sommes 8 au total à avoir été interceptés et à être "contrôlés". Nous sommes retenus une heure et quart, puis libérés, le temps que s'achève le meeting de "Petit Corps Malade"... Les gendarmes (dépêchés de Gap !) justifieront la longueur abusive du contrôle par des problèmes de "communication" avec leur fichier informatique !!
Pendant notre heure et quart de mise en secret, nous avons le temps de téléphoner à des copains à l'extérieur pour prévenir la presse et une avocate... Coïncidence ou non, dès que le mot "avocat" est prononcé, nous sommes libérés dans les 5 minutes... Voila pour les "faits".
Ceci dit, cet incident mineur en soit, et qui s'est bien terminé, pose tout
de même de graves questions :
1) POURQUOI ET COMMENT EST-IL POSSIBLE EN DEMOCRATIE DE SE RETROUVER
EN GARDE A VUE A L'OCCASION D'UN MEETING PUBLIC EN EXTERIEUR SANS AVOIR EN
RIEN TROUBLE L'ORDRE PUBLIC ?
2) COMMENT ET PAR QUI AVONS NOUS ETE REPERES ET "DENONCES" AUX SERVICES
D'ORDRE DE SARKO SI CE N'EST PAR LES RENSEIGNEMENTS GENERAUX EUX-MEMES ET COMMENT CETTE COLLUSION EST-ELLE ACCEPTABLE ?
3) COMMENT EST-IL POSSIBLE QUE LA GENDARMERIE NATIONALE SOIT AUX ORDRES D'UN CANDIDAT EN CAMPAGNE ELECTORALE, ALORS QUE, ENCORE UNE FOIS, AUCUN TROUBLE A L'ORDRE PUBLIC N'A EU LIEU ?
Je me contenterai pour l'instant de ces trois questions même si cet incident pose bien d'autres questions sur l'état de délabrement de notre démocratie et en particulier sur la manière dont les médias relateront l'incident.
Nous aurons une réponse à cette question d'ici demain...
Bonne journée à tous. »
18 avril 2007
Message subliminal (3)
Dans son commentaire à mon premier billet sur ce sujet (voir ci-dessous), M.Martinnet me communique le lien suivant :
http://www.lemonde.fr/web/video/0,47-0@2-823448,54-898069,0.html, qui m'amène, en effet, à nuancer mon propos.
Dans cet extrait de sa conférence de presse, DSK dit très précisément : "Si il y a une majorité socialiste à l'assemblée nationale, nous sommes plusieurs à pouvoir exercer la fonction de premier ministre et je suis heureux que vous vouliez me compter parmi ceux-là." L'extrait de dit pas dans quel contexte cette phrase a été prononcée, mais d'autres sources indiquent qu'elle faisait évidemment suite à la question "Accepteriez-vous de devenir le premier ministre de François Bayrou.
Alors je veux bien admettre l'apparente loyauté de ces propos, si on s'en tient à la lettre. Mais je ne crois pas DSK si naïf qu'il n'ait pu mesuré l'exploitation qui pouvait en être faite par les partisans d'un vote Bayrou "de gauche", ce qui n'a pas manqué, comme le montre l'article ci-dessous. Je redoutais depuis longtemps une manoeuvre de ce genre et l'avait dénoncée par avance. Nous y voilà.
"Elysée 2007
DSK ne pourrait être Premier ministre de Bayrou qu'en cas de majorité PS
AFP | 18.04.2007 | 11:26
Dominique Strauss-Kahn a indiqué mercredi qu'il ne pourrait envisager d'être le Premier ministre de François Bayrou que si les socialistes disposaient d'une majorité à l'Assemblée nationale.
"Un Premier ministre, sous la Vème République, c'est quelqu'un qui a une majorité. Donc, s'il n'y a pas de majorité socialiste à l'Assemblée nationale, il n'y a pas de Premier ministre socialiste", a-t-il dit, invité à dire lors du point de presse quotidien du PS, s'il accepterait de devenir le Premier ministre de François Bayrou.
Dominique Strauss-Kahn a indiqué n'avoir "aucun contact avec François Bayrou". "Et je ne souhaite pas en avoir", a-t-il ajouté.
Mardi à Lille, François Bayrou a affirmé être "le seul qui puisse faire travailler ensemble" des personnalités comme Dominique Strauss-Kahn et l'UMP Jean-Louis Borloo."
(source : nouvelobs.com)
Cette dépêche AFP, mise en avant sur le site en fin d'après-midi 'et reprise par Google actualités, a désormais disparu de la rubrique "Présidentielles 2007". Mais on peut tout de même la trouver en archive (toutes les dépêches "politique").
Bon, moi je veux bien admettre l'absolue loyauté de DSK, je veux bien admettre que ses propos ont été déformés par une dépêche tendancieuse de l'AFP, je veux bien admettre que le site du nouvelobs la mise en avant comme ça, sans trop se poser de question. J'observe cependant que cet aimable cafouillage est justement survenu le jour de l'interview de Ségolène Royal au journal de 20h de TF1, permettant ainsi aux journalistes de la chaîne de tenter de la déstabiliser sur ce point. Evidemment, ils ont échoué. Parce que notre candidate a su faire preuve de "sang-froid" (comme elle l'a souligné elle-même avec malice).
Message subliminal (2)
Suite à mon précédent message, il semble malheureusement qu'il l'ait dit. Et c'est bien évidemment le site nouvelobs.com qui se plaît à diffuser cette "information" reprise de l'AFP. De deux choses l'une, ou DSK est suffisamment naïf pour s'être ainsi laissé piégé par la question d'un journaliste (ce que je ne crois pas). Ou bien il sait ce qu'il fait, en appelant ainsi, insidieusement ses partisans à voter pour Bayrou. J'ai déjà eu l'occasion de dénoncer clairement cette tentation. Mais j'avais fini par me laisser convaincre plus ou moins de son ralliement sincère à Ségolène. Je ne suis pas autrement surpris par cette "maladresse", qui vient ainsi s'ajouter à celles de Rocard et de Kouchner. Et je n'avais finalement pas si tort que cela de rassembler les trois hommes dans une même opprobre, dans un billet d'humeur récent.
Message subliminal
Curieux bandeau ce soir sur I-Télé : « PS : Dominique Strauss-Kahn n’envisage d’être Premier Ministre de François Bayrou qu’en cas de majorité PS aux législatives. » En clair, si vous voulez Strauss-Kahn, votez Bayrou ! Or, je ne trouve nulle part une déclaration précise de DSK susceptible d’étayer cette affirmation. Tout au contraire, il me semble qu’il s’efforce, avec un certain mérite, de résister à ce type de tentation. Qu’est-ce qui autorise alors cette chaîne à asséner cette contre-vérité ?
Lettre d'un ami communiste
Je voterai Ségolène ROYAL dès le 1er tour
Il ne s’agit en aucun cas d’un ralliement. Bien au contraire. Je conserve intactes les raisons et les idées qui m’ont fait adhérer au PCF à l’age de 16 ans, en 1965.
Mon choix, mûrement réfléchi, est strictement conditionné par l’enjeu de cette élection.
Nous sommes devant un enjeu historique. Chacun sent bien que ce n’est pas une élection présidentielle comme les autres.
Le clivage gauche-droite est plus que jamais d’actualité.
Sarkozy est le représentant d’une nouvelle droite, très dure.
Atlantiste
Modèle social mis en miettes
Pacte républicain, issu de l’après guerre, remis en cause. Chaque jour en apporte une nouvelle démonstration.
Je souhaite que la gauche gagne et que la seule candidate qui peut l’emporter, Ségolène Royal, soit élue.
J’entends bien que beaucoup de candidats de gauche et gauchistes disent vouloir « battre la droite ».
Le dire c’est bien
Mais le faire vraiment, c’est mieux.
C’est pourquoi j’estime de ma responsabilité, vu l’enjeu crucial de cette présidentielle, de m’engager en disant ce que ma conscience me dicte.
Personne ne peut affirmer aujourd’hui que le scénario du 21 avril 2002 ne se reproduira pas avec la seule présence au 2è tour de candidats de droite ou de droite et d’extrême-droite. Personne, vu le nombre d’indécis.
Plus jamais ça ! Je le dis d’autant plus fort qu’en 2002, dans cette ville, j’ai été l’un des premiers à m’engager pour faire barrage à Le Pen. Ainsi que lors des élections législatives de 1998.
Or, si l’on veut sincèrement que la gauche l’emporte au 2è tour, il faut que Ségolène Royal fasse le score le plus élevé dès le 22 avril, au premier tour, car la dynamique de victoire ou la spirale de l’échec s’enclenchent au 1er tour. On peut le regretter mais c’est ainsi.
Je ne partage pas l’idée qu’il y aurait d’un côté une gauche de combat (PCF) et de l’autre une gauche du renoncement (PS). Sinon pourquoi voter pour elle au 2è tour.
Non, à la vérité, c’est plus compliqué que cela !
Je reste personnellement profondément attaché au rassemblement de toute la gauche, avec le PS. Le PCF n’est grand que dans l’union. Toute notre histoire le montre. Nous avons certes des différences avec le PS mais aussi beaucoup de convergences comme en attestent les engagements pris par S. Royal en matière de bas salaires, de services publics, de sécurité sociale pour tous, de sécurité professionnelle garantie, d’efforts pour l’éducation, la recherche…Et les différences qui existent traversent d’ailleurs tous les partis.
Dernier point mais non le moindre.
Quel que soit le projet adopté par le peuple français, des questions nouvelles surgiront et des problèmes se poseront. Il faudra donc, n’en doutons pas, continuer à lutter et les citoyens devront intervenir t peser sur les choix en permanence (mouvement social)
Or, précisément, chacun doit se poser la question : avec qui serons nous mieux écoutés et entendus ?
Avec l’ultra-libéral Sarkozy à l’Elysée ;
Ou avec Ségolène Royal, présidente de gauche, qui fait de « la démocratie participative » et du « dialogue social » des priorités de son engagement.
Poser la question c’est y répondre.
Il n’y a pas photo : Ségolène Royal doit l’emporter !
17 avril 2007
Ici et maintenant
Sans doute terrorisés par les menaces de Sarkozy, les journalistes de France 3 n’en finissent plus de lui donner des gages de soumission. Hier, dans le journal du soir, leur servilité a atteint des sommets. En effet, nous avons eu droit, en guise de compte rendu de la campagne électorale, en tout et pour tout à :
- une série de reportages exclusivement consacrés à de soit-disant électeurs de gauche, « très déçus par la gauche » et qui envisagent de voter Bayrou (faisant suite à deux séries de reportages identiques en fin de semaine dernière) ;
- des extraits de déclarations d’autres candidats exclusivement centrés sur les critiques les plus grossières de la candidate socialiste (avec notamment la reprise du thème de Bécassine par de Villiers).
Ecoeuré, je zappe au hasard sur BFM TV pour tomber sur d’autres extraits de déclarations de plusieurs candidats, également consacrés au seul dénigrement de Ségolène Royal.
De même, s’il n’est jamais question des nombreux articles élogieux qui paraissent dans la presse étrangère sur notre candidate, Le Monde daté d’aujourd’hui choisit parmi les plus hostiles un journaliste américain favorable à Bush pour en dresser le portrait le plus caricatural sur une page entière.
J’attends toujours qu’une grande voix s’élève pour dénoncer cette atteinte intolérable à la démocratie la plus élémentaire. Que font, je ne sais pas moi, la Ligue des droits de l’homme, ou Reporters sans frontières ? Leur arrive-t-il de regarder un peu ce qui se passe en France, ici et maintenant ?
Seule candidate à évoquer ce sujet, Ségolène Royal a justement décliné hier soir, lors du meeting de Nantes, toutes les mesures qu’elle entendait prendre pour rétablir le pluralisme dans les médias. Mais de cela bien sûr, il n’a été question nulle part, ni hier soir, ni ce matin, ni à midi.
Autre danger pour la démocratie qui ne semble troubler aucune de nos grandes consciences, les machines à voter ! Au-delà du soupçon légitime et des arguments techniques parfaitement fondés, avons-nous oublié les dernières élections présidentielles américaines ? Même les irlandais qui avaient acquis en grand nombre les mêmes machines qu’en France, ont du y renoncer sous la pression de l’opposition.
Mais, ici et maintenant, cela ne parait guère intéresser ceux qui font pourtant profession de défendre nos libertés, en dépit d’une pétition courageuse qui a déjà recueilli 66 000 signatures (que vous pouvez toujours signer : colonne de droite, «pour le maintien du vote papier»).
Faut-il en rire ou en pleurer : le Conseil constitutionnel s’est contenté de noter que "l’utilisation des machines à voter pour les élections, notamment présidentielles, est autorisée par le législateur depuis 1969" ! Faut-il rappeler à cette auguste assemblée ce que pouvait être en 1969 une machine électronique, sans aucun rapport avec l’informatique moderne qui remonte au plus tôt aux années 1980 ?
A propos du vote électronique
Lu sur juriscom.net :
"Le Conseil constitutionnel a cru bon de publier un communiqué laconique le 29 mars 2007 rappelant tout d’abord que "l’utilisation des machines à voter pour les élections, notamment présidentielles, est autorisée par le législateur depuis 1969", ce qui est un fait historique ; et ensuite que "Ce recours aux machines à voter dans les conditions fixées par l’article L. 57-1 du Code électoral a été déclaré conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel", ce qui est au mieux une approximation, au pire une tentative de couper court à un soupçon grandissant sur la transparence et la sincérité des votes qui seront émis en 2007.
En effet, le Conseil n’a jamais directement été saisi de la conformité à la Constitution de l’article L. 57-1. Il a simplement eu l’occasion de se prononcer à plusieurs reprises sur les modifications successives de la loi du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, qui se référaient toutes à cette disposition. Dans sa séance du 29 mars, le Conseil constitutionnel semble considérer que « ce recours à des machines à voter », sous-entendu lors de l’élection du président de la République organisée par la loi modifiée du 6 novembre 1962, est donc « par référence » conforme la Constitution.
Malheureusement le communiqué de presse du Conseil n’a aucune valeur juridique, car seules les décisions que le Conseil prend dans le cadre des compétences à lui reconnues par la Constitution et la loi organique le concernant en ont une, ce qui n’est pas le cas des communiqués. Qui plus est, considérer comme conformes à la Constitution tous les textes auxquels renvoie un texte lui-même conforme à la Constitution est un raisonnement juridique pour le moins hardi qui pourrait rendre intangibles toutes les normes contraires à la Constitution qui subsistent dans notre ordre juridique et qui sont encore citées ou visées par des textes nouveaux. Enfin, même en la supposant possible, la nouvelle conformité « par référence », ne faisant pas partie du dispositif et n’étant pas invoquée dans les motifs des décisions du Conseil, dont l’objet est d’ailleurs un autre texte, ne s’imposera nullement aux pouvoirs publics et aux juridictions, car les conditions d’application de l’article 62 de la Constitution ne sont pas réunies. La Cour de cassation (dont un des trois sages récents faisait partie à l’époque) les avait utilement rappelées à propos de l’obiter dictum du Conseil sur la responsabilité du président de la République. En conséquence, l’utilisation des machines à voter pourrait, sans aucun abus du droit de recours, être juridiquement contestée devant les juridictions françaises.
Le plus regrettable dans cette affaire est que le Conseil se soit laissé abuser au plan technique. Par rapport à 1969, date de leur première autorisation par le législateur, la technologie des machines à voter est complètement différente, de façon telle qu’elles sont bien plus vulnérables. Aucun des éléments (déjà connus) rassemblés par le Conseil dans sa brève fiche technique, ne répond aux incertitudes expertisées aux Pays-Bas, aux Etats-Unis.
Que le Conseil ne s’estime pas le mieux placé pour prendre en considération, dans un contentieux, des éléments techniques (voir notre article précédent) qui pourraient avoir des conséquences sur la constitutionnalité d’une pratique évolutive, cela peut se comprendre. Qu’il considère le législateur comme seul compétent pour revenir sur la norme qu’il a posée en 1969 à la suite d’une appréciation de fond et des expertises nécessaires est certainement sage. Mais laisser à penser que, en l’état actuel des caractéristiques de ces machines et des atteintes aux principes essentiels de transparence, de sincérité et de confiance qui conditionnent la légitimité du vote démocratique, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes juridiques possibles pourrait bien être qualifié par certains de tentative de désinformation par usage d’un argument d’autorité.
Gilles Guglielmi
Professeur de droit public à l'Université Paris-2 (Panthéon-Assas)
http://www.guglielmi.fr "
(source : juriscom.net)
15 avril 2007
Appel pour une dynamique à gauche au premier tour
Excellente analyse de la manipulation en cours sur Betapolitique :
"On voudrait casser à l’avance toute dynamique à gauche qu’on ne s’y prendrait pas autrement. En distillant jour après jour l’idée que la présence de François Bayrou au second tour n’est pas impossible, en laissant entendre, jour après jour, que seul Bayrou serait à même de l’emporter face à Nicolas Sarkozy, en brandissant, sondage après sondage, l’épouvantail d’une défaite annoncée de Ségolène Royal face à ce même Nicolas Sarkozy, on sème le doute dans l’esprit des électeurs et on fait pression sur eux afin qu’ils soient nombreux à renoncer par anticipation, le plus nombreux possible à glisser dès le premier tour un bulletin Bayrou dans l’urne ce bulletin plutôt qu’un autre !
A l’occasion de cette élection, on a insidieusement réinventé le concept de vote utile, une sorte de vote utile à trois bandes - bien dangereux en vérité - et on a perverti le mode de scrutin majoritaire à deux tours en le renversant cul par-dessus tête. Plutôt que de choisir au premier tour les deux candidats qui s’affronteront au second, tout se passe en effet comme si l’on jouait d’abord le second - par sondages interposés, lesquels persistent à prétendre qu’ils ne sont en rien prédictifs - afin d’éliminer au premier tour les perdants annoncés du second. C’est Madame Irma qui s’en va voter en regardant dans sa boule de cristal !
C’est pis que cela : on assiste à une formidable manipulation de l’opinion. La commission des sondages à beau avoir - très timidement - rappelé que les sondages portant sur un second tour réalisés avant que le premier n’aie livré ses résultats n’ont aucune signification, les instituts de sondages ne cessent de produire des sondages de second tour et les médias de les commenter. Et l’on va jusqu’à même tester des hypothèses de second tour qui en regard des intentions de vote mesurées pour le premier tour n’ont pas lieu d’être. En résumé : ON TESTE DES HYPOTHESES IMPROBABLES AVEC DES OUTILS ABSURDES !
Et ce n’est pas une manipulation innocente. La preuve en est dans la constatation suivante, laquelle est irréfutable : un sondage est un instrument de mesures statistiques qui possède, comme tout autre instrument de mesure, une marge d’erreur irréductible, un biais qui est intrinsèque à la mesure et qu’on ne peut gommer - pour un sondage, on s’accorde pour dire que celle-ci est peu ou prou de 4%, en sus ou en moins ; et pourtant, l’hypothèse d’un second tour Sarkozy-Royal a été testé près d’une centaine de fois depuis janvier, donnant chaque fois Sarkozy vainqueur avec entre 51 et 54% des suffrages, CE QUI EST STATISTIQUEMENT IMPROBABLE, C’EST-A-DIRE DANS LES FAITS IMPOSSIBLE ! IL EST IMPOSSIBLE QUE PAS UNE FOIS SEGOLENE ROYAL NE SOIT APPARUE COMME VAINQUEUR DE CE DUEL. On voudrait dissimuler cette éventualité qu’on ne s’y prendrait pas autrement.
Tout est organisé afin que cette opinion dont on prétend mesurer les intentions en vienne à penser qu’une victoire de Ségolène Royal sur Nicolas Sarkozy lors d’un second tour ne serait pas une éventualité crédible. L’objectif est clair, et il n’est pas tant de favoriser l’accès au second tour de François Bayrou, ce qui reste tout à fait improbable, que de casser par avance cette dynamique en faveur de Ségolène Royal qui, si elle s’enclenchait, conduirait en réalité à la victoire de celle-ci sur Nicolas Sarkozy. On cherche à disperser les voix de la gauche, semer le doute et obtenir qu’un certain nombre de ces voix se retrouve ailleurs, c’est-à-dire sur François Bayrou, dans le but de tasser autant faire se peut le score de Ségolène Royal. On tente en particulier d’éviter le probable coup d’arrêt à la stratégie de Nicolas Sarkozy que serait un premier tour plaçant Ségolène Royal devant le candidat de l’UMP.
La cerise sur le gâteau de cette tentative de dilution des voix serait qu’on soit parvenu tant et si bien à tasser le score de la candidate socialiste qu’on permette en définitive à Jean-Marie Le Pen de rééditer son "exploit" du 21 avril 2002. C’est que Nicolas Sarkozy a retenu sa leçon : le candidat de la droite n’est jamais autant assurer d’emporter le morceau, pardon l’élection, que s’il se retrouve opposé à l’extrême-droite.
Mais voilà, il vient d’y avoir un petit accroc dans la belle mécanique médiatico-sondagière, une sorte de lapsus qui pourrait bien faire grain de sable et qui a été commis par Le Monde, lui-même, sous la plume de Jean-Baptiste de Monvalon, lequel dans un article intitulé Mme Royal menacée au premier tour, M. Sarkozy au second, paru dans l’édition de ce 12 avril, souhaitait visiblement enfoncer le clou en pronostiquant la défaite de Mme Royal dès le premier tour. Mais voilà, donc, ce qu’il laisse échapper :
« Les responsables d’instituts de sondage s’accordent en effet à relativiser fortement la signification des sondages de second tour, qui donnent tous M. Sarkozy vainqueur d’un duel avec Mme Royal. "La qualification de Ségolène Royal provoquerait un choc positif majeur pour la gauche et ouvrirait un contexte nouveau", note M. Giacometti.
"Une fois passé le premier tour commencera une seconde campagne", souligne aussi Stéphane Rozès (CSA). Selon lui, le premier tour se joue sur "la compétence, la capacité à résoudre les problèmes" - domaine qu’aurait privilégié M. Sarkozy -, alors que le second accorde plus de place à "la dimension d’incarnation et de rassemblement", à laquelle serait davantage identifiée Mme Royal. En suivant cette analyse, on pourrait en conclure que la candidate socialiste aurait paradoxalement plus de chances de l’emporter au second tour que de se qualifier à l’issue du premier. »
Tout est dit et tout est maintenant bien clair : gardons-nous du défaitisme qu’on tente d’instiller, gardons-nous de nous disperser en des stratégies mortifères, gardons-nous des égarements auxquels on voudrait nous voir céder, et concentrons-nous sur l’essentiel : la victoire de Ségolène Royal... et le moyen d’y parvenir : CREER DES LE PREMIER TOUR LA DYNAMIQUE DE CETTE VICTOIRE.
Car - et nous l’avons peut-être un peu oublié à force de craindre le pire - il ne s’agit pas QUE de battre Nicolas Sarkozy, il s’agit également d’offrir à la France et aux français des raisons d’espérer. Or voter Bayrou pour éviter Sarkozy revient à choisir de se précipiter dans le vide pour échapper aux flammes. On veut nous faire croire que toutes les issues sont condamnées : rassemblons-nous pour enfoncer la porte !
CAR CE SERAIT LE PIRE DES RENONCEMENT QUE DE SACRIFIER L’ESPERANCE AU NOM DE LA CRAINTE LEGITIME QUE LE PIRE NE SURVIENNE !
par Dedalus - sarkononmerci.fr
(source : betapolitique.fr)
La tenaille
Les propos outranciers d’Olivier Besancenot et ceux, irresponsables, de Michel Rocard et de Bernard Kouchner, complaisamment et abondamment relayés par les médias, concourent également à faire perdre des voix à Ségolène Royal. Ils font ainsi courir objectivement le risque que la gauche, pour la deuxième fois consécutive, ne soit pas représentée au deuxième tour. Le peuple de gauche, déjà échaudé, ne tombera pas à nouveau dans ce piège.
Un article courageux sur Nicolas Sarkozy dans un grand quotidien
... belge. Un grand merci à nos amis belges qui donnent ainsi à nos plumitifs hexagonaux une belle leçon de journalisme :
Le Soir : "Nicolas Sarkozy est dangereux"
Le 15 avril 2007
Jusque-là, nous ne l’avions pas écrit. Parce qu’il demeure exceptionnel que Le Soir prenne position dans une élection, comme il l’avait fait pour soutenir John Kerry face à George Bush aux Etats-Unis.
Cette fois pourtant, on ne peut plus rester sans le dire. Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux. Parce que le candidat de l’UMP à l’Elysée a franchi la ligne rouge. Ses propos sur le caractère inné de la pédophilie ou de la tendance suicidaire bouleversent tous les principes de l’humanisme. La société ne servirait donc à rien ? A quoi bon alors l’éducation, la famille, l’amour, l’apprentissage de la tolérance, si le seul destin décide de faire d’un homme un héros ou un monstre ? Ses propos sur l’Allemagne, prédisposée à s’abandonner au nazisme, sont tout aussi écoeurants. Et que dire de cette phrase, entendue en meeting : « La France n’a pas à rougir de son Histoire. Elle n’a pas inventé la solution finale. » Aurait-il oublié que la France a collaboré ? Que Vichy a livré des Juifs aux nazis ? Jacques Chirac a beaucoup de torts. Mais il a eu ce courage, lui, de reconnaître la responsabilité de l’Etat français pour la collaboration.
Ce virage complète chez Nicolas Sarkozy une posture résolument populiste. Combien de fois, lorsqu’il était à l’Intérieur, n’a-t-il pas accusé les juges de ne pas en faire assez, violant ouvertement la séparation des pouvoirs ? Sa mainmise sur les médias ne laisse pas d’inquiéter, elle aussi, obtenant ici le limogeage d’un directeur dérangeant, discutant là de l’embauche d’un journaliste chargé de couvrir l’UMP. Et que dire de ses déplacements de campagne ? Non seulement il ne peut plus se rendre en banlieue, là où Jean-Marie Le Pen se promène désormais, mais même dans des quartiers moins chauds comme la semaine dernière à la Croix-Rousse à Lyon, il doit reculer par crainte des manifestants.
« Prendre des voix au Front national, est-ce mal ? », interroge Nicolas Sarkozy. Non, bien sûr, au contraire. Mais à condition de ne pas séduire ses électeurs avec les mêmes mots. Au soir du premier tour, le candidat de l’UMP se félicitera peut-être d’avoir asséché le terreau électoral de Jean-Marie Le Pen. Mais à quel prix ? Celui, affolant, d’une lepénisation des esprits.
Joëlle Meskens
(Source : Le Soir)