31 janvier 2007
Ah bon, vous trouvez ?
Alors que la majorité des femmes de ce pays se reconnaissent dans la démarche courageuse de Ségolène Royal, l’attitude de quelques égéries très en vue du parisianisme branché ne laisse pas de surprendre. Notre candidate les perturbe, c’est certain. Et les plus pathétiques sont sans doute Pascale Clark et Ariane Massenet, qui ne peuvent l’une et l’autre s’empêcher de poser à chacun de leurs invités cette question angoissée : « Et, Ségolène Royal, qu’est-ce que vous en pensez ? » Comme il arrive parfois que le dit invité émette un commentaire nuancé voire même approbateur, elles en sont, les pauvrettes, toutes retournées, et d’exprimer leur dépit : « Ah bon, vous trouvez ? »
Ce midi, dans son émission « En aparté », Pascale Clark recevait Henry Chapier. Confronté a deux photos de Ségolène, une ancienne, l’autre récente, il fut ainsi sommé par notre « femme invisible » que nous dire pourquoi la plus récente lui paraissait plus « glamour ». On devine quelle perche elle lui tendait ainsi, et avec quel espoir d’une vacherie, qu’on pourrait ainsi repasser en boucle à l’infini. Mais, Chapier, qui est un type bien, a su esquisser le piège.
Auparavant, la même Pascale Clark avait réuni trois « journalistes » pour débattre sur un thème, à priori très pertinent : les médias traitent-ils équitablement Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Pour Gattegno du Monde, pas de problème, le traitement est tout à fait équitable, et de citer pour illustrer son propos, d’un côté la déclaration de Ségolène sur la justice chinoise « qui l’a beaucoup choqué », de l’autre l’affaire du scooter volé du fils de Nicolas, dont tout le monde se moque. Sans doute, la journaliste de Marianne l’a-t-elle mollement contesté, en évoquant l’extrême discrétion de la presse en ce qui concerne l’enquête des RG (non sans avoir au préalable entériné l’idée d’une succession de « bourdes » de la part de Ségolène). Mais avec un culot inouï, chaque fois qu’il entendait « RG », Gattegno feignait de croire qu’on lui parlait « scooter ». Rappelons que cet excellent « journaliste », à l’école de son maître Penel, fut celui qui nous révéla, dans le Monde, l’existence d’une fabuleuse villa construite sur la côte d’Azur à l’intention de Mitterrand, fabuleux morceau d’anthologie de la presse d’investigation, qui se révéla rapidement entièrement sortie de son imagination malveillante.
Au fait, on attend toujours l’état du patrimoine de Nicolas Sarkozy, qu’on nous avait promis.
30 janvier 2007
Equilibrisme
Ce mardi matin, sur France Inter, la revue de presse se voulait exemplaire, comme pour faire oublier celle de samedi. Pensez : rien moins qu’une citation de la presse étrangère qui s’étonne à juste titre du tapage mené par la presse française autour de quelques maladresses montées en sauce, comparé au silence pesant qu’elle observe sur le seul sujet grave qui, dans n’importe quel autre pays, ferait scandale : l’enquête des RG sur l’entourage de Ségolène Royal. Ouf, il existe encore une presse libre ! Dommage qu’il s’agisse de la presse étrangère…
Mais c’est chaque fois pareil. Une fois rétabli cet équilibre de façade, nous avons eu droit sur un mode prétendument léger au martèlement habituel dans « Quartier libre » de Caroline Cartier sur le thème de Bécassine et dans la rubrique de l’insupportable Guy Carlier sur le thème du petit tailleur blanc.
Ouf, nous pouvions respirer nous étions bien revenu en France. Enfin, du moins à Paris. Bon, c’est vrai, plutôt les beaux quartiers. Là où se pressent nos petits marquis, qui se prennent pour des leaders d’opinion, ceux-là même qui se pavanent et roucoulent et font la roue sur tous les plateaux, comme dans un salon du XVIIIe siècle les protagonistes du film « Ridicule ! ».
Un peu plus tard, dans « Le fou du roi », Didier Porte, humoriste « de gauche » (mais si, mais si) en remettait une large couche, selon son habitude, et se tenait pour quitte avec de pseudo coups d’épingle à Sarkozy et à Bayrou. Non mais qu’est-ce que vous croyez, on a le sens de l’équilibre à France Inter !
Il convient de noter que, la veille au soir, les « Guignols » avaient une fois de plus sauvé l’honneur de la presse française avec un sketch irrésistible dont la finesse surpassait dans l’analyse bien des éditoriaux : sur le thème du document « Dans la peau d’un noir », on y voyait successivement Ségolène dans la peau de Sarkozy et Sarkozy dans la peau de Ségolène interviewés par Elkabbach et Duhamel. Jubilatoire !
29 janvier 2007
Un samedi ordinaire sur France Inter
Tir d’artillerie nourri sur France Inter samedi matin. Du gros calibre, du très gros. Revue de presse d’Yvan Levaï, qui fut un très grand journaliste, certainement même celui qui a « inventé » la revue de presse radiophonique, dans sa forme moderne la plus pertinente, la plus acérée, sur ces mêmes ondes de France Inter, à l’époque pas si lointaine où cette antenne faisait encore l’honneur du service public. Triste dégringolade. Samedi matin, la dite « revue de presse » fut à peu près exclusivement consacrée à la lecture de la quasi-totalité de l’article de B.H. Lévy paru dans « Le Parisien ». Article, dans lequel B.H.L. ne craint pas d’égrainer les misérables lazzi qu’on nous martèle en boucle jusqu’à la nausée (Star Academy, festival de bourdes, justice chinoise, Corse, jusqu’aux sous-marins nucléaires) et, dans sa conclusion, ne demande rien moins qu’un congrès extraordinaire du PS pour désigner un autre candidat ! Dans la foulée, le député Pierre Lellouche en rajoute une couche au sujet des sous-marins nucléaires et tente de nous faire trembler qu’une femme aussi incompétente (mais l’adjectif n’est-il pas redondant ?) puisse accéder au fameux bouton nucléaire (au demeurant sûrement trop gros pour ses petits doigts).
Et, toute la matinée (sans doute même toute la journée), lors de chaque flash d’infos, nous avons eu droit en boucle aux meilleurs extraits des moqueries de Levaï et Lellouche, ponctués du commentaire définitif de Nicolas Sarkozy sur son adversaire « Incompétente ! ».
28 janvier 2007
La berlusconisation des médias
Depuis l’investiture de Nicolas Sarkozy par son parti le 14 janvier dernier, une campagne de dénigrement systématique de Ségolène Royal s’est développée dans les médias, dont la violence est sans précédent dans ce pays. Bien sûr, ce n’est pas une coïncidence et il est bien évident qu’elle a été préparée de longue date, puis activée au moment choisi, et qu’elle est depuis lors coordonnée par la cellule spécialisée mise en place par l’état-major du candidat de l’UMP. Et nous savons bien comment celui-ci s’est assuré, de longue date, la connivence de la quasi-totalité des médias. D’abord en entretenant un lien privilégié avec la plupart des patrons de la presse écrite et audio-visuelle. Ensuite en exerçant une pression soutenue sur les journalistes influents, usant habilement selon le cas de la flatterie ou de la menace. C’est ce qu’on pourrait appeler la berlusconisation des médias.
Mais il y aurait quelque naïveté à chercher là la seule explication du matraquage inouï auquel nous assistons. En effet, ce serait oublier combien le rejet de sa candidature par la bulle politico-médiatique, pour reprendre l’expression de Jean-François Kahn, vient spontanément renforcer cette campagne organisée, avec les mêmes pitoyables arguments déjà utilisés pendant la campagne interne du PS. Car il est devenu très « tendance » dans ce milieu fermé du parisianisme mondain, où de prétendus intellectuels veulent nous dicter notre conduite, de se gausser de celle qui prétend remettre le peuple au cœur de son projet.
Sans doute, comme en 2005, le vote populaire viendra administrer la preuve qu’on ne manipule pas si facilement l’intelligence de nos concitoyens. Il n’en restera pas moins qu’après son élection Ségolène Royal se trouvera clairement confrontée à l’hostilité d’un pouvoir médiatique très structuré devenu largement monolithique.
Je fais partie de ceux, parmi des millions d’autres, qui ne supportent plus cette campagne indigne, qui bafoue les valeurs démocratiques les plus élémentaires. Et je suis bien décidé à en dénoncer sans relâche les procédés, les mécanismes, les ficelles, qui font la honte de cette presse asservie à la pensée unique et fait ainsi le lit de la droite la plus libérale et la plus atlantiste qu’on ait connu dans ce pays depuis longtemps.
27 janvier 2007
Contribution au débat participatif. 2- Vie chère et pouvoir d'achat. LE BOUCLIER VITAL.
Le seuil de pauvreté est calculé en France, comme en Europe, par rapport au salaire médian du pays concerné. 60%. Pourquoi 60% et pas 58 ou 62 ? Nul ne sait. Mais ce n’est pas le plus important. Ce qui n’a, dès le départ, véritablement aucun sens c’est de définir ce seuil par rapport aux ressources (les revenus), alors qu’il devrait mesurer tout au contraire la seule satisfaction des besoins élémentaires (les dépenses).
Ces besoins quels sont-ils : le logement d’abord, puis l’alimentation, l’eau et l’énergie, pour se chauffer. Puis vient le transport pour se rendre sur son lieu de travail et faire ses courses, dans la majorité des cas au moyen d’un véhicule individuel, parce qu’il n’y a pas d’autre solution. A mon sens, il faudrait ajouter, même s’il s’agit de services publics apparemment gratuits ou largement pris en charge parce que financés par la collectivité, c’est-à-dire l’impôt (et tout le monde paie la TVA) : l’enseignement, la santé et la sécurité publique, mais aussi la réalisation et l’entretien des infrastructures pour s’en tenir à l’essentiel. Je citerai pour terminer le droit à la retraite après une vie de travail, qui n’est pas un besoin à satisfaire dans l’instant, mais une sorte de besoin à venir, qu’il faut pourtant financer dans l’instant quel que soit le dispositif utilisé (cotisation ou épargne).
Et c’est bien la satisfaction de l’ensemble de ces besoins élémentaires, vitaux, et quelque soit leur mode de financement (par les revenus de l’intéressé ou par la collectivité), qui devrait constituer le véritable seuil de pauvreté. En dessous, tous ces besoins ne peuvent être satisfaits. Au dessus, ils peuvent l’être avec bien d’autres, mais qui ne sont pas indispensables.
Après quoi, on pourra bien disserter à l’infini sur les deux grands modèles de financement de ces besoins :
- petits salaires et beaucoup d’aides (quasi gratuité de certains services en raison d’une large exemption fiscale et autres prestations à coût réduit, voire complément de salaire versé par la collectivité), ce qui est un peu notre modèle,
- salaires plus élevés sans aide (paiement à prix coûtant de l’ensemble des services, ce qui correspond d’avantage au modèle anglo-saxon,
il n’en demeurera pas moins indispensable de financer d’une manière ou d’une autre la totalité de ces besoins vitaux par ce que j’appellerai « LE BOUCLIER VITAL », qui devrait faire l’objet d’une NOUVELLE DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN.
C’est ce vers quoi nous devons tendre en France. C’est le bel objectif qu’il nous faut proposer aux autres peuples. Ceux d’Europe d’abord pour commencer. Et puis à tous les peuples du monde, qui n’ont pas moins le droit que nous de voir satisfaits leurs besoins les plus élémentaires.
24 janvier 2007
Réagissons à ce lynchage médiatique !
Amorcé pendant la campagne interne et relancé dans la foulée de l’investiture du candidat de la droite, le lynchage médiatique de Ségolène a pris une ampleur que beaucoup d’entre nous jugent insupportable, n’en déplaise à d’aucun, qui nous demande de rester zen. Non point que je redoute qu’il ait quelque effet sur le résultat final. Au contraire, je suis bien convaincu que, comme en 2005, par une sorte d’effet boomerang, il va contribuer au succès de notre candidate. Par contre, ce que je redoute vraiment à plus long terme c’est l’effet dévastateur de cette tentative de « cressonisation », qui risque de s’amplifier encore dès après l’élection pour l’empêcher de gouverner. Il y a là un risque réel, auquel il faut faire face.
Se répandre sur internet dans les forums squattés par des commandos sarkozystes me parait un peu vain. Tout va se jouer à la radio et à la télévision, seules capables d’influencer la grande masse des hésitants non politisés. Et la riposte doit être à la hauteur de l’attaque.
S’agissant des journalistes, on nous dit qu’à la base ils tentent de résister mais subissent la pression de leurs directions et craignent pour leur emploi. Allons Mesdames et Messieurs les journaliste, un peu de courage. Le droit de grève existe encore. Il serait bon qu’une grande figure du journalisme, connue et respectée de tous, comme Florence Aubenas par exemple, se lève et dise publiquement son indignation. Seul Jean-François Kahn ose mais il est bien seul. Et puis où sont passés nos grands intellectuels ? Est-il indispensable d’être un partisan de SR (J.F. Kahn ne l’est pas) pour dénoncer cette campagne ignoble ?
Pour le reste, n’est-il pas envisageable que :
- notre candidate et ses représentants désertent les plateaux et studios, au moins pour un temps, non sans avoir expliqué auparavant pourquoi (ils auraient l’air malin à ne plus recevoir que les seuls partisans de Sarkozy jusqu’à saturation),
- que nous, auditeurs et téléspectateurs, notamment du prétendu service public (pour lequel nous payons une redevance), snobions de notre côté ces médias indignes, pour faire baisser significativement leur audience (dont dépend par ailleurs leurs recettes publicitaires) et le fassions savoir massivement au CSA (sous forme de pétition, par exemple).
Allons, il nous faut réagir. Il en est encore temps.
19 janvier 2007
Trop c'est trop !
La limite vient d’être franchie dans le Monde daté d’aujourd’hui avec l’article de Dominique Dhombres (le bien nommé) intitulé « Désirs de rire ? Bécassine vous parle ! » Bien sûr, c’est une provocation. Et il ne faut surtout pas que Ségolène tombe dans le piège qui lui est tendu, en répondant ou protestant. C’est à nous de réagir, parce que c’est notre intelligence qui se trouve insultée.
16 janvier 2007
Le mur médiatique
Je l’ai déjà écrit avant et pendant la campagne interne et je l’écris à nouveau. La quasi-totalité des médias fustige sans discontinuer la candidature de Ségolène Royal. L’ensemble de la presse écrite, à l’exception de Marianne (qui roule pour Bayrou mais fait preuve d’honnêteté), singulièrement la presse prétendument de gauche, c’est-à-dire Libération et Le Nouvel Observateur, dans leur colonnes et sur leurs sites internet. L’ensemble des chaînes de télévisions, et pas seulement TF1 : toutes les chaînes du prétendu service public, mais aussi Canal + et toutes ces chaînes d’information qui sont désormais accessibles à de nombreux français par la TNT, I-télé, BFM, LCP. Sans parler des animateurs des émissions dites de divertissements.
Il y aurait quelque légèreté à sous-estimer l’impact d’un tel matraquage, au motif qu’il faudrait ménager la presse ou que désormais nombreux sont ceux qui vont chercher ailleurs, principalement sur internet, l’information qui leur fait défaut. Car, une fois élue, notre Présidente va devoir affronter durement ce « mur médiatique », nouveau rempart du « mur de l’argent ».
Circonstance aggravante, les rares invités de gauche, censés défendre notre candidate, ne sont pas toujours à la hauteur des enjeux, alors que ce ne sont pas les talents qui manquent ! Mais peut-être sont-ils choisis justement par les chaînes et non par le staff de campagne.
Il est grand temps de relever ce défi et d’imposer le respect à toute une profession tombée en déserrance.
15 janvier 2007
Contribution au débat participatif. 1- L'environnement
La double nécessité de réduire tant la consommation d’énergies fossiles que l’émission de gaz à effet de serre nous impose de revoir principalement nos modes de transport des personnes et des marchandises. S’agissant des personnes, on sait bien que cela passe par un développement des transports collectifs, en même temps que par une approche radicalement nouvelle de l’urbanisme. Pour être indispensable, cette démarche ne produira d’effets sensibles que sur le long terme. En attendant, le véhicule individuel demeure le moyen de déplacement incontournable pour la majorité de nos concitoyens et notamment pour leur permettre de se rendre de leur domicile à leur lieu de travail. A cet égard, il convient de souligner que les plus modestes d’entre eux n’ont pas d’autres moyens que celui d’acquérir à bas prix des véhicules usagés, qui sont évidemment ceux qui consomment et polluent le plus.
Or, tous les spécialistes s’accordent à considérer que la seule technologie, aujourd’hui opérationnelle, susceptible d’améliorer significativement la situation consiste à associer l’énergie électrique à l’énergie thermique dans ce qu’on appelle une motorisation hybride.
Pour le moment, deux constructeurs japonais commercialisent des véhicules de ce type : Toyota dont la Prius II constitue le modèle le plus abouti et Honda dont le modèle hybride correspond plutôt à la première version de la Prius. Contrairement aux idées reçues, le prix de ces deux modèles avoisine celui de modèles classiques équivalents. Un peu moins cher pour la Honda. Un peu plus cher pour la Prius. Mais, si l’on prend en compte le crédit d’impôt (actuellement de 2000 Euros) dont bénéficie tout acquéreur d’un de ces véhicules (même s’il n’est pas imposable), le prix s’en trouve ramené au dessous d’un véhicule classique équivalent pour la Prius (et très en dessous pour la Honda). En outre, les investissements considérables réalisés par Toyota pour la mise au point de ce véhicule ne l’empêchent nullement d’être en 2006 celui des constructeurs automobiles dans le monde qui a dégagé les profits les plus importants.
Sans doute s’agit-il de produits japonais qui n’ont pour le moment, pas d’équivalent en Europe. Et il serait sans doute hasardeux de trop encourager la consommation de tels produits aux dépend des constructeurs français. Par ailleurs, ils s’agit là de modèles relativement sophistiqués, alors qu’on pourrait imaginer que ce principe soit appliqué à des réalisations plus rustiques et moins coûteuses, qui seraient plus adaptées aux budgets modestes. En effet, sans rechercher une synergie parfaite en temps réel entre les deux moteurs, on peut tout à fait se contenter d’améliorer un véhicule tout électrique, dont l’autonomie est désormais de l’ordre de 200 Km, en lui ajoutant un petit moteur thermique qui lui permettrait d’étendre cette autonomie soit par une propulsion directe, soit par la recharge des batteries à la manière d’un générateur.
Or il se trouve qu’un tel moteur existe, qu’il est maintenant opérationnel, après avoir été expérimenté sur une flotte importante de véhicules. Je l’ai découvert par hasard, il y a peu sur Internet. Et non seulement ce moteur est au point, mais pour la société qui l’a développé (et qui est loin d’être fantaisiste puisqu’elle appartient à l’un des plus grands groupes industriels français) il est à la disposition des grands constructeurs automobiles français qui souhaiteraient en équiper certains modèles de leur gamme. Et bien de cela personne ne parle ! Nulle trace dans aucune revue spécialisée. Cela parait n’intéresser personne. Alors que la solution est là qui nous crève les yeux. Une fois de plus, ce ne sont pas les idées qui manquent en France, mais la volonté de les industrialiser. (C’est ainsi que les écrans plats, qui nous viennent aujourd’hui de Corée, ont été mis au point par le CNRS, qui a obtenu pour cela une indemnité dérisoire et définitive pour solde de tout compte.)
11 janvier 2007
Impôt, névrose et socialisme
On ne peut même plus dire : « Mais quelle mouche a piqué François Hollande ? », puisque c’est la deuxième fois qu’il intervient dans le débat sur un sujet aussi sensible que celui des impôts. Je veux bien comprendre son malaise existentiel, mais je me refuse à croire qu’il veuille, à son tour, torpiller délibérément les chances de sa compagne pour se réserver des lendemains qui chantent. Mais peu nous importe, au demeurant, les tourments de l’homme. Et parlons plutôt de ce qui constitue surtout une faute politique.
Sur la forme, tout d’abord, il n’est pas nécessaire d’insister sur le devoir de réserve que doivent s’imposer TOUS les leaders du parti dans l’expression publique de leur opinion, chaque fois qu’elle est de nature à brouiller le positionnement de la candidate.
Sur le fond, il serait temps de rompre avec cet acharnement névrotique à vouloir tout résoudre par l’impôt, qui n’a d’égale que l’obsession parallèle de la droite à dépecer les régimes spéciaux de retraite. D’abord, parce qu’il est tactiquement stupide de stigmatiser ainsi une large partie de son électorat : même si sa frange la plus aisée est la seule visée, c’est l’ensemble des classes moyennes qui se sent ainsi visé et menacé. La droite ne commet jamais cette erreur et ménage toujours son électorat. Et de fait, sur un plan plus stratégique, c’est se tromper lourdement de cible. En effet, la bulle fiscale dans laquelle vivent les politiques les empêche trop souvent de discerner à quel point le niveau de vie de contribuables, imposés sur le même revenu imposable, peut être considérablement différent selon qu’il s’agit de salariés ou de non-salariés. Tout le monde sait bien que ces derniers ne sont imposés, pour faire simple, que sur ce qu’il leur reste quand ils ont tout payé (logement, voiture, essence, restaurant, etc.), c’est-à-dire quand ils ont déduit les frais généraux de leur entreprise, fut-elle unipersonnelle. Et je ne parle pas des subventions et autres exemptions de charges.
Alors oui, il faut sûrement augmenter l’impôt sur les revenus du capital, en tous cas au niveau de celui qui frappe les revenus du travail. Pour le reste, avant de céder à la facilité, il convient de tout remettre à plat par une vaste réforme fiscale, qui redonnerait un peu de transparence et d’équité à cette usine à gaz.
Pour finir, et plus globalement, a-t-on vraiment besoin de toujours plus d’argent pour régler les problèmes, alors qu’on sait bien qu’il est toujours très difficile de le dépenser, qu’il y faut des moyens et pour tout dire du temps. Bien trop souvent, des sommes beaucoup plus importantes qu’il n’est nécessaire sont engagées, faute d’avoir su planifier avec réalisme leur utilisation. Non vraiment, comme disait l’un de mes anciens patrons, qui s’était frotté utilement à la sphère politique : « Ne vous occupez pas de l’argent, il est dans les tuyaux ! »
Alors, essayons de dépenser moins et mieux, de faire plus de choses avec moins d’argent. C’est possible et cela relève de la seule volonté politique.